Imamogluu
Imamogluu

La Turquie connaît depuis trois jours une vague de manifestations sans précédent. L’arrestation du maire d’opposition d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, accusé de « soutien à une organisation terroriste », a provoqué la colère de centaines de milliers de Turcs. À Istanbul, Ankara, Izmir et dans plus de 50 provinces, des foules immenses ont bravé les barrages policiers pour soutenir l’édile de 53 ans.

Ekrem Imamoglu, détenu depuis mercredi, devait être présenté ce samedi soir au tribunal après trois jours de garde à vue. Il est également visé par une enquête pour corruption. Ses avocats dénoncent des accusations « montées de toutes pièces » et le recours à des « témoins secrets » pour le discréditer avant qu’il ne soit désigné dimanche candidat du Parti républicain du peuple (CHP) à la présidentielle de 2028.

Dans les rues d’Istanbul, les slogans résonnent : « Ne te tais pas, sinon ce sera bientôt ton tour ! » ou encore « Droit, loi, justice ». Le président du CHP, Özgür Özel, a affirmé que 300 000 personnes se sont rassemblées devant l’hôtel de ville, malgré l’usage massif de gaz lacrymogènes et de canons à eau par la police. Plusieurs journalistes ont été blessés dans les heurts.

La tension monte alors que le président Erdogan, confronté à une contestation comparable à celle du parc Gezi en 2013, refuse toute concession et qualifie les manifestants de « provocateurs ». La Bourse d’Istanbul, elle, s’est effondrée de plus de 16,5 % cette semaine, signe du climat d’instabilité grandissant.

Les partisans du maire redoutent désormais son incarcération et sa destitution, remplacé par un administrateur fidèle au pouvoir. Mais dans les cortèges, la défiance est totale : « Nous ne céderons pas la mairie à Erdogan », martèlent les manifestants. La Turquie retient son souffle.

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