Alors que les représentants des chauffeurs de taxi espéraient des réponses concrètes du gouvernement, les réunions du 27 mai ont accouché de deux nouvelles dates de négociations, les 3 et 11 juin. En attendant des engagements écrits, les syndicats temporisent : si le mouvement de grève n’est pas officiellement suspendu, il est à l’arrêt dans plusieurs villes, tandis que quelques foyers de contestation subsistent.
Inquiétudes persistantes autour du transport médical et des VTC
Au cœur du conflit, la réforme du transport médical conventionné continue de cristalliser les tensions. La mise en place d’une tarification unique inquiète les chauffeurs, en particulier dans les zones rurales où cette activité représente une part importante du chiffre d’affaires. Le ministère de la Santé a promis des concertations locales, mais n’a, à ce stade, cédé sur aucun point : ni sur le calendrier de mise en œuvre, ni sur les objectifs budgétaires. S’ajoute à cela un vieux contentieux : la concurrence des VTC. Les taxis dénoncent la « maraude électronique », ces prises en charge sans réservation préalable. Pour tenter d’apaiser le secteur, le gouvernement a évoqué un durcissement des contrôles, des amendes pouvant aller jusqu’à 1 000 euros, et une possible interdiction de certaines pratiques. Des mesures jugées symboliques par certains représentants de taxis, qui pointent le manque d’effectifs pour assurer les contrôles.
Un bras de fer qui s’étend au secteur des VTC
Du côté des plateformes, la riposte ne s’est pas fait attendre. Uber, Heetch et plusieurs syndicats dénoncent une stigmatisation de leur modèle et alertent sur les conséquences sociales d’une régulation jugée excessive. L’idée d’imposer un délai minimal de réservation avant chaque course, avancée lors des discussions, est vue comme une attaque directe contre leur fonctionnement. Selon eux, cela reviendrait à priver des milliers de chauffeurs de revenus en réduisant drastiquement leur volume de travail. Alors que le gouvernement cherche un équilibre précaire entre régulation et liberté d’entreprendre, la tension ne cesse de monter. Tandis que les taxis restent en alerte et que les VTC dénoncent un ciblage injuste, un préavis de grève illimitée vient d’être déposé par les syndicats de chauffeurs de VTC pour le 10 juin. Le bras de fer est loin d’être terminé.