Tabassage pendant l’incendie de Notre-Dame : deux condamnations, six ans plus tard
Tabassage pendant l’incendie de Notre-Dame : deux condamnations, six ans plus tard

Ils avaient 20 ans, des convictions politiques affirmées et l’incendie de Notre-Dame en toile de fond. Hier 28 mai 2025, le tribunal correctionnel de Paris a condamné deux hommes pour avoir violemment agressé des militants identitaires dans la nuit du 16 avril 2019. Une affaire où la justice aura mis presque aussi longtemps à trancher que le chantier de la cathédrale à se relever de ses cendres.

Règlement de comptes sur fond de braises

Il est 2h30 ce soir-là. Alors que la flèche de Notre-Dame s’effondre sous les flammes, une autre scène se joue boulevard Saint-Germain : un militant d’extrême droite et son ami sont roués de coups. La victime, hospitalisée dix jours, se fait dépouiller de ses effets personnels, jusqu’à ses baskets bleues. Quand les policiers retrouvent un groupe de jeunes hommes à quelques rues de là, les traces de sang sur les vêtements, les aveux partiels et une basket identique sur le trottoir permettent de boucler l’enquête. Des images de vidéosurveillance complètent le tableau.

À l’audience, deux prévenus reconnaissent avoir participé à l’agression

Ils expliquent avoir croisé le groupe identitaire alors qu’ils assistaient à l’incendie avec des camarades. Des insultes racistes auraient fusé. L’altercation dégénère. L’un vole une veste, l’autre frappe au sol. Tous deux affirment avoir changé de vie depuis : l’un est avocat, l’autre dirige une entreprise de BTP. Face à ce dossier vieux de six ans, le parquet tempère ses réquisitions. Il demande des peines avec sursis, sans inscription au casier judiciaire, pour éviter de briser des parcours désormais irréprochables. Le tribunal suit cette logique tout en durcissant légèrement la peine : 10 mois de prison avec sursis pour les deux coupables, relaxe pour les autres. À la sortie, un soupir général de soulagement. La cathédrale a retrouvé son toit. Eux, leur avenir.

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