Peut-on aimer la France, défendre le droit de manifester et condamner les violences sans être immédiatement accusé d’appartenir à un camp politique ? C’est la question soulevée par Aria Rodrigues, connue sur Instagram sous le pseudonyme @ariaoncam. Cette créatrice de contenu, qui s’est notamment fait connaître dans l’univers du divertissement pour adultes avant de diversifier ses activités vers des contenus plus classiques consacrés au lifestyle, aux voyages et à son quotidien, a pris la parole après avoir reçu plusieurs commentaires insultants. Suivie par près de 100 000 abonnés sur Instagram, elle revendique le droit d’exprimer son attachement à la France et de dénoncer les dégradations commises lors des manifestations, sans pour autant rejeter les revendications sociales des protestataires. Une prise de position qui rappelle qu’il est possible d’aimer son pays, de défendre la liberté de manifester et de refuser la violence.
Dans une longue story publiée sur Instagram, Aria Rodrigues explique avoir reçu des messages la qualifiant notamment de « sale fasciste du RN » ou lui demandant de retourner dans son pays, l’Espagne. Des attaques qui semblent particulièrement injustifiées au regard du contenu de son message. La créatrice de contenu prend en effet soin de distinguer les revendications des manifestants des comportements violents observés en marge des rassemblements. Elle affirme comprendre les préoccupations des lycéens, des Gilets jaunes et des Français confrontés à la hausse du coût de la vie. Elle évoque également son expérience personnelle d’ancienne étudiante, ainsi que les difficultés rencontrées par des membres de sa famille travaillant dans l’enseignement. « Je suis pour que les revendications soient écoutées et que des mesures soient prises en charge, pour améliorer la vie de tout le monde », écrit-elle. Mais elle refuse que ces revendications puissent servir de justification aux pillages et aux destructions. « Je ne comprends pas comment piller des Sephora, des Micromania et des Zara vont aider à faire entendre la cause des lycéens », souligne-t-elle. Une distinction essentielle dans un débat public où les positions nuancées sont parfois rapidement assimilées à des appartenances partisanes.
Une créatrice qui revendique sa liberté d’expression et son attachement à la France
Le parcours d’Aria Rodrigues témoigne également de la diversification des activités des créateurs numériques. Après s’être fait connaître à travers des contenus destinés à un public adulte, elle développe désormais une présence plus large sur les réseaux sociaux, notamment autour des voyages, du lifestyle et de formats de divertissement accessibles au grand public. Son compte Instagram, qui affichait environ 99 600 abonnés au moment de sa prise de parole, présente notamment des publications consacrées à son quotidien, à ses découvertes et à ses projets audiovisuels. Elle a également une chaîne YouTube et un chaîne Twitch. L’ évolution illustre la possibilité, pour une personnalité issue de l’univers du contenu pour adultes, de construire progressivement une identité publique différente et de s’adresser à de nouveaux publics. Son activité passée ne devrait pas la priver de la possibilité de participer aux discussions qui traversent la société. Comme n’importe quelle citoyenne ou personnalité publique, elle peut exprimer une opinion sur les manifestations, les violences ou la situation du pays sans que son parcours professionnel serve à discréditer automatiquement sa parole.
Au-delà de son cas personnel, la polémique met en lumière les difficultés du débat sur les réseaux sociaux. Aria Rodrigues déplore notamment que certaines prises de position soient immédiatement interprétées comme des déclarations politiques au RN. Elle s’étonne qu’une personne puisse être qualifiée de fasciste simplement parce qu’elle refuse les dégradations et affirme respecter le pays dans lequel elle vit. Son message insiste également sur une contradiction qu’elle perçoit dans certaines réactions : des internautes revendiqueraient leur attachement à d’autres pays tout en reprochant à ceux qui expriment leur amour de la France de faire preuve de nationalisme. Cette comparaison relève de son appréciation personnelle, mais elle pose une question légitime sur la place du patriotisme dans le débat public. Aimer la France ne signifie pas nécessairement adhérer à un parti politique, approuver toutes les décisions du gouvernement ou refuser la critique des institutions. Cet attachement peut aussi s’exprimer par le respect de ses habitants, de ses libertés et de ses biens communs. En défendant simultanément le droit de manifester et le refus des violences, Aria Rodrigues rappelle qu’il n’est pas indispensable de choisir entre solidarité sociale et respect de l’ordre public. Sa prise de parole mérite, à ce titre, d’être discutée sur le fond plutôt que réduite à des insultes ou à des étiquettes politiques.


Réagir à l’article
Soyez le premier à commenter cet article.