Nord : des frites, des camions… et des voisins en ébullition
Nord : des frites, des camions… et des voisins en ébullition

À Escaudœuvres, près de Cambrai, l’annonce de l’implantation d’une usine belge de frites sur le site d’une ancienne sucrerie ravive les tensions entre ambitions industrielles et qualité de vie. Le groupe Agristo, géant de la pomme de terre surgelée, prévoit de transformer jusqu’à 300 000 tonnes de tubercules par an. Mais pour une partie des riverains, le projet a déjà un goût amer. Ouverte 24h/24, 7j/7, l’usine pourrait générer 350 emplois directs… mais aussi 350 poids lourds par jour, auxquels s’ajoutent les 15 000 véhicules circulant déjà sur l’axe principal. 

Entre relocalisation et rejet local

Une perspective jugée intenable par les membres de l’association Aqverse, qui dénoncent les nuisances à venir : pollution, bruit, odeurs persistantes, insécurité routière. Une pétition lancée le 8 avril a déjà rassemblé plus de 150 signatures. Le projet suscite aussi des divisions : un producteur local de pommes de terre, favorable à l’usine, défend une relocalisation qui réduirait les trajets entre champs français et usines belges. Pour lui, le site reprend simplement sa vocation agroalimentaire, comme à l’époque de la sucrerie Tereos. Un avis partagé par certains habitants, mais loin de convaincre les opposants qui pointent le changement d’échelle. L’enquête publique, ouverte jusqu’au 26 mai, devra trancher entre frite et friction. Pour l’heure, à Escaudœuvres, l’huile commence déjà à chauffer.

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