Nîmes : les tours tombent, l’espoir tente de se relever
Nîmes : les tours tombent, l’espoir tente de se relever

Deux secondes. C’est le temps qu’il a fallu pour effacer cinquante ans d’histoire urbaine. Hier, les tours Matisse de Nîmes ont été réduites en poussière. Deux blocs de 12 étages pulvérisés face caméra. Une opération spectaculaire, mais surtout symbolique : celle d’un quartier qui cherche désespérément à tourner la page de la violence, de la pauvreté et du trafic.

Une cité universitaire devenue zone de non-droit

Construites dans les années 60, les tours Matisse faisaient partie d’un projet ambitieux : transformer une ZUP en centre de vie moderne avec 7 000 logements et une vie commerçante dynamique. Un demi-siècle plus tard, le rêve s’est effondré. Magasins fermés, insécurité galopante, trafics en tous genres… Ce n’est plus une cité universitaire, mais une enclave oubliée. Les 600 chambres de la résidence n’abritaient plus d’étudiants. Elles étaient devenues le théâtre d’un quotidien miné par les violences. « J’imaginais qu’il y avait plein de jeunes dedans, qui continuaient à vivre ce que j’avais vécu », confie Albert Trousse, ancien résident, avec une nostalgie teintée de désillusion.

Démolir pour reconstruire… quoi, au juste ?

Le quartier abrite encore 16 000 habitants, qui espèrent un renouveau. Mais le scepticisme reste vif. « Toute la voyoucratie… se déplace. Ça ne fait que se déplacer », prévient Fouzy Deba, l’un des riverains. Car si les tours sont tombées, rien n’a encore été prévu pour les remplacer. L’espace est libre, l’espoir en chantier, mais le flou demeure. Derrière l’explosion contrôlée, une autre question explose : et maintenant ?

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