Moins de passages au garage, mais des factures qui dépassent désormais 400 euros en moyenne
Moins de passages au garage, mais des factures qui dépassent désormais 400 euros en moyenne

Les automobilistes franchissent moins souvent la porte des ateliers, mais lorsqu’ils le font, l’addition grimpe. Selon le dernier baromètre Mobilians-Solware, le chiffre d’affaires des garages de mécanique et de carrosserie a progressé de 0,8 % en 2025, malgré une baisse du nombre d’entrées en atelier.

Dans les 796 ateliers de mécanique analysés, le panier moyen atteint désormais 403 euros, contre 392 euros en 2024, soit une hausse de 2,7 %. Dans le même temps, la fréquentation recule de 2,2 %. La tendance est similaire en carrosserie. Les entrées diminuent de 1,8 %, mais le montant moyen des réparations bondit de 4,3 %, pour atteindre 1 705 euros contre 1 634 euros un an plus tôt. Les recettes liées aux pièces détachées reculent légèrement de 0,5 %. En revanche, la main-d’œuvre progresse de 2,6 %. Ce sont donc surtout les coûts liés au temps passé et à la technicité des interventions qui tirent les factures vers le haut.

Des réparations plus complexes et plus techniques

Les professionnels avancent plusieurs explications. Les interventions sont devenues plus techniques, notamment en raison de la place croissante de l’électronique dans les véhicules récents. L’essor des voitures électriques et hybrides impose l’usage d’outils de diagnostic sophistiqués et de compétences spécialisées, ce qui alourdit les coûts.

Par ailleurs, le parc automobile français continue de vieillir. Fin décembre 2025, 42,5 millions de voitures circulaient avec un âge moyen de 12,3 ans, contre 11,9 ans un an plus tôt. Dans les zones rurales, cette moyenne atteint 14 ans selon les données du cabinet AAA Data. Des véhicules plus anciens nécessitent davantage d’entretien et de réparations, souvent plus lourdes. Ce vieillissement explique en partie la hausse du montant moyen des interventions. Un véhicule ancien peut nécessiter plusieurs opérations simultanées lors d’un passage en atelier, ce qui augmente mécaniquement la facture globale.

Un budget auto en hausse

La baisse des entrées en atelier peut refléter un report de certaines réparations par des ménages soucieux de maîtriser leur budget. Mais lorsque l’intervention devient indispensable, le coût est plus élevé qu’auparavant. Le secteur ne connaît donc pas une explosion d’activité, mais une transformation de sa structure économique.

Dans ce contexte, le budget automobile reste sous pression. Entre l’augmentation des coûts d’entretien, le prix des pièces et la complexité croissante des véhicules, les automobilistes arbitrent davantage leurs dépenses. Moins de visites au garage, mais des passages plus lourds et plus coûteux. Le paradoxe est là, la fréquentation baisse, mais le chiffre d’affaires progresse. Une évolution qui illustre la mutation technique du parc automobile et l’impact direct sur le portefeuille des conducteurs.

Partager