Marseille : l’établissement pour mineurs de La Valentine dénoncé pour conditions de détention « indignes » @edouard hue
Marseille : l’établissement pour mineurs de La Valentine dénoncé pour conditions de détention « indignes » @edouard hue

À Marseille, la prison pour mineurs de La Valentine se retrouve dans la tourmente. La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, vient de publier un avis sans concession réclamant sa fermeture, au moins partielle. Elle décrit un établissement où des adolescents de 13 à 18 ans survivent dans des cellules délabrées, sans hygiène et parfois sans nourriture suffisante. Les murs sont recouverts de graffitis évoquant des matières fécales ou du sang, les matelas ne sont que des morceaux de mousse sans housse, les douches n’ont pas de porte, et les jeunes doivent acheter eux-mêmes leurs produits d’hygiène. En plein été marseillais, seuls ceux qui n’ont aucune ressource peuvent obtenir un ventilateur gratuit. Les repas, jugés « réglementaires » par le ministère, laissent pourtant les adolescents affamés selon les témoignages recueillis sur place.

Des adolescents enfermés vingt-trois heures par jour

L’inspection de juillet a également révélé une pratique dite de « mise en grille » : des jeunes placés dans des cages grillagées sans chaise, sans eau et sans toilettes, parfois pendant plusieurs heures. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a assuré avoir fait cesser cette méthode et promis une réfection progressive des cellules. Reste que l’absence chronique de surveillants et d’enseignants condamne les mineurs à l’isolement quasi permanent, vingt-trois heures sur vingt-quatre, sans cours ni accompagnement éducatif. Vingt ans après la création des établissements pénitentiaires pour mineurs censés privilégier l’éducation à la sanction, celui de Marseille illustre au contraire un abandon inquiétant. Pour Dominique Simonnot, il n’y a plus d’autre option que de fermer pour repartir sur des bases saines.

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