En 2024, 6 750 mariages ont uni deux personnes de même sexe en France, une goutte dans l’ensemble des unions, mais une goutte régulière: la proportion varie peu depuis 2015, selon les derniers chiffres publiés par l’Insee. Dans le détail, la répartition est presque parfaitement équilibrée, 47 % de mariages entre deux femmes et 53 % entre deux hommes, signe que le mariage, une fois le tumulte politique retombé, s’est installé dans le décor administratif du pays, discret, presque routinier.
Retour en arrière, quand même. Le pic a eu lieu juste après la loi du 17 mai 2013: 7 400 couples de même sexe mariés entre mai et décembre 2013, puis 10 500 en 2014, effet de rattrapage classique pour des couples qui attendaient depuis des années le droit de dire « oui » à la mairie. Ensuite, le soufflé est retombé: 7 800 en 2015, 6 300 en 2019, puis la claque du Covid en 2020 comme pour tout le monde. Depuis 2022, le compteur oscille autour de 6 800 par an. Au total, 84 000 mariages entre personnes de même sexe ont été célébrés entre 2013 et 2024, mais le mariage reste loin d’être le choix majoritaire chez ces couples: au recensement 2022, 39 % se déclarent mariés, 25 % pacsés et 36 % sans mariage ni PACS.
Paris, écarts d’âge, ancrage local: des trajectoires conjugales qui ne se ressemblent pas
Paris, écarts d’âge, ancrage local: des trajectoires conjugales qui ne se ressemblent pas Ce que montre surtout l’Insee, c’est que tous les mariés ne se ressemblent pas. Les couples d’hommes mariés ont un tropisme parisien frappant: plus d’un sur dix vit à Paris intra-muros, trois fois plus que les couples de femmes ou les couples hétérosexuels. Ils se marient aussi plus souvent loin de leur département de naissance, 55 % contre 44 % pour les couples de femmes et 43 % pour les couples femme-homme, comme si la carte du mariage suivait parfois celle des mobilités, des carrières et des grandes villes. Autre singularité, l’écart d’âge: sept ans en moyenne chez les couples d’hommes, contre 4,8 ans chez les couples de femmes et quatre ans chez les couples de sexe différent.
À l’inverse, les couples de femmes qui se marient apparaissent davantage ancrés hors des centres: 34 % résident en commune rurale et 32 % en zone urbaine de densité intermédiaire, des proportions plus élevées que chez les couples d’hommes. Leur part parmi les mariages de même sexe, 47 % en 2024, dépasse aussi leur poids dans l’ensemble des couples de même sexe (43 % en 2022), un décalage que l’Insee rapproche de la présence plus fréquente d’enfants et du cadre légal longtemps incitatif sur la filiation, l’accès à une double filiation ayant été, jusqu’à récemment, plus simple pour les couples mariés. Reste cette photographie d’une France où le mariage entre personnes de même sexe n’augmente plus vraiment mais ne recule pas, installé dans une normalité statistique… avec, en toile de fond, des choix de vie qui continuent de dessiner des géographies et des parcours très différents.
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