Accusé d’avoir agressé un vigile lors d’un blocus propalestinien en 2024, le jeune homme de 24 ans a été condamné à six mois de prison avec sursis. Il conteste la décision et a décidé de faire appel. Chemise blanche froissée, petit bouc et cheveux fraîchement coupés, Luigi D., étudiant à Nanterre, s’est présenté le mardi 8 avril 2025 devant le tribunal correctionnel de Paris. À la barre, il nie formellement les faits de violences reprochés : « Ce n’est pas moi », déclare-t-il, droit dans ses bottes. Pourtant, à l’issue de l’audience, il est reconnu coupable d’avoir agressé un agent de sécurité à la Sorbonne lors d’un blocus propalestinien organisé le 7 mai 2024. Le tribunal le condamne à six mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans, assorti de 140 heures de travaux d’intérêt général, d’une obligation d’indemnisation de la victime, et d’un suivi en emploi ou formation.
Des faits survenus lors d’un blocus étudiant
Dans un contexte de mobilisation propalestinienne sur fond de tensions universitaires, une quarantaine de personnes masquées tente de pénétrer de force dans l’enceinte de la Sorbonne. Vers 18h40, un vigile de l’établissement affirme avoir été poussé, étranglé par-devant et blessé à un doigt. Il décrit une altercation « superviolente » et désigne Luigi D. comme son agresseur. Interpellé à 22h50, l’étudiant est rapidement confronté au vigile, qui l’identifie immédiatement : « J’en étais sûr à 1 000 %, à moins qu’il ait un jumeau. » Selon lui, ce sont des détails précis – une bande rouge sur des lunettes de protection, un pantalon, et la voix du jeune homme – qui l’ont convaincu. Luigi D., lui, affirme ne pas se souvenir de l’avoir vu ou lui avoir parlé.
Son avocate, Me Elsa Marcel, a soulevé des irrégularités dans la procédure. Elle a notamment contesté la légalité de l’interpellation, estimant qu’aucune infraction n’avait été commise à ce moment-là. Le tribunal a rejeté cette demande de nullité. Durant les réquisitions, le procureur a souligné le climat de tensions dans l’université ce jour-là : « Nous ne jugeons pas ses opinions politiques, mais des faits de violence. » Il a requis six mois de prison avec sursis probatoire, assortis de 210 heures de TIG, estimant cette peine « compatible avec les activités de monsieur » et à « visée éducative ». Luigi D., déjà condamné en 2020 pour des dégradations dans un centre d’hébergement, a cependant été relaxé d’une autre infraction : le refus présumé de transmettre les codes de déverrouillage de son téléphone.
Un verdict contesté
La défense a plaidé la relaxe, arguant de l’absence de preuves matérielles solides, et d’une identification reposant uniquement sur la parole de la victime. Me Marcel s’insurge : « Vous ne pouvez pas condamner quelqu’un parce qu’on reconnaît un jogging ! » À la sortie de l’audience, l’avocate a dénoncé un jugement fondé sur un « témoignage unique et contestable », tandis que Luigi D. a annoncé son intention de faire appel. L’affaire devrait donc rebondir devant une juridiction supérieure dans les prochains mois.