Le gang de hackers Lockbit, tristement célèbre pour avoir mené des cyberattaques contre des infrastructures critiques, notamment des hôpitaux en France (Corbeil-Essonnes, Cannes), tente de tirer profit de l’arrivée du nouveau directeur du FBI, Kash Patel, récemment nommé par Donald Trump. Le chef du collectif de cybercriminels a publié un message sur le darknet ce 25 février 2025, affirmant vouloir offrir à Kash Patel une « archive d’informations classifiées ». Ce message, empreint d’ironie, prétend que ces documents permettraient de « renforcer la sécurité nationale des États-Unis » et de révéler « la vérité », faisant écho aux discours conspirationnistes associés à Donald Trump et à ses soutiens.
« Cette information est destinée à renforcer la sécurité nationale des États-Unis d’Amérique. Elle vous permettra de découvrir la vérité, que notre frère, le président américain Donald Trump, cherche lui aussi à révéler », écrit le hacker. Il va même jusqu’à inviter le directeur du FBI à le contacter personnellement, insinuant que ces informations pourraient « non seulement nuire à la réputation du FBI, mais le détruire en tant que structure ».
La nomination de Kash Patel à la tête du FBI a provoqué une levée de boucliers aux États-Unis. Ancien conseiller de Donald Trump, il est connu pour son soutien aux théories complotistes d’extrême droite, notamment celles liées au mouvement QAnon. Il a aussi défendu les émeutiers du Capitole, ce qui lui vaut de vives critiques de la part des Démocrates et de nombreux membres du renseignement américain.
L’offre de Lockbit semble ainsi être une provocation cynique, surfant sur les tensions politiques américaines et exploitant la défiance d’une partie des soutiens de Donald Trump envers les institutions fédérales, notamment le FBI.
Le gang Lockbit a vu son activité fortement diminuée après une vaste opération des forces de l’ordre menée conjointement par le FBI, Europol et plusieurs polices nationales.
Son chef présumé, Dmitry Khoroshev, un ressortissant russe, a été identifié par les autorités en 2024. Son réseau a été en grande partie démantelé, avec plusieurs membres arrêtés, et leurs serveurs piratés par les forces de l’ordre. Cependant, malgré ces coups durs, Lockbit tente de se repositionner. Certains experts estiment que ce message pourrait être une tentative désespérée pour récupérer de l’influence dans la sphère cybercriminelle. D’autres y voient une manœuvre manipulatrice, cherchant à jouer sur les fractures politiques aux États-Unis et à semer le doute sur les liens potentiels entre le FBI et des cybercriminels.
Quoi qu’il en soit, la réponse du FBI et de Kash Patel à cette étrange proposition sera scrutée de près, dans un climat où les tensions autour de la cybersécurité et de la politique intérieure américaine restent particulièrement explosives.