La natalité française au plus bas : le Comité d’éthique s’alarme
La natalité française au plus bas : le Comité d’éthique s’alarme

Le Comité national consultatif d’éthique (CCNE) a rendu ce jeudi un rapport inquiétant sur l’avenir démographique de la France. Avec 663 000 naissances en 2024, la fécondité atteint son niveau le plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale. Le taux de 1,62 enfant par femme reste loin du seuil de renouvellement des générations (2,05), et la baisse semble s’inscrire dans une tendance durable.

Loin d’appeler à une politique nataliste autoritaire, le comité plaide pour le respect de l’autonomie des individus. Toutefois, selon le professeur Jean-François Delfraissy, président du CCNE, « le vieillissement accéléré de la population et la chute de la natalité questionnent notre modèle de société ».

Infertilité en hausse, parentalité différée

La baisse des naissances s’explique par des choix individuels, mais aussi par des obstacles médicaux. Environ 3 millions de personnes souffriraient d’infertilité en France, souvent en raison du recul de l’âge maternel, de troubles hormonaux ou de pathologies comme l’obésité. La pollution, les perturbateurs endocriniens ou encore le stress environnemental sont également pointés du doigt.

Le comité met aussi en cause l’instabilité économique, les difficultés d’accès au logement et l’évolution du rôle des femmes dans la société. L’enfant n’est plus perçu comme une obligation sociale, mais comme un choix personnel. L’éco-anxiété freinerait aussi certains projets parentaux.

Face à cette crise silencieuse, le CCNE recommande de renforcer la recherche, d’améliorer l’accès à la PMA, et de faciliter l’autoconservation des ovocytes et du sperme. Il appelle également à soutenir les politiques de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, en réaffirmant l’importance des services publics comme les crèches.

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