Justice à Paris - le nouveau président du tribunal veut renforcer la communication face aux attaques
Justice à Paris - le nouveau président du tribunal veut renforcer la communication face aux attaques

Installé officiellement lundi à la tête du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban a appelé la plus grande juridiction française à « mériter la confiance » des citoyens et à moderniser sa communication. Le magistrat de 54 ans, ancien président du tribunal de Bobigny, prend ses fonctions dans un contexte tendu, marqué par une vague d’attaques contre l’institution et des menaces visant directement des juges. Le tribunal de Paris, qui rend chaque année 60 000 décisions civiles et 30 000 pénales, a récemment été au centre de polémiques politiques après les condamnations distinctes de Nicolas Sarkozy et de Marine Le Pen. Ces décisions, assorties d’un appel, ont suscité des accusations de « justice politique », que le nouveau président juge destructrices : elles « sapent les bases de notre droit et les fondements de notre démocratie », a-t-il averti lors de l’audience solennelle, à laquelle assistaient le garde des Sceaux démissionnaire Gérald Darmanin et la maire de Paris Anne Hidalgo.

Des magistrats pris pour cibles

Dans ces deux affaires, les présidentes des formations de jugement ont reçu des menaces, déclenchant l’ouverture d’enquêtes judiciaires. Pour Peimane Ghaleh-Marzban, cette situation révèle un « péril certain » : des magistrats se retrouvent attaqués « parce qu’ils n’auraient commis qu’une seule faute : celle d’appliquer la règle de droit ». Face à cette pression, il appelle ses collègues à ne pas céder à la résignation mais à « l’action », rappelant que la confiance du public ne peut être gagnée qu’au prix d’un travail quotidien « accompli avec engagement, rigueur et enthousiasme ».

Vers une communication judiciaire repensée

Le président relève une « véritable asymétrie » dans le débat public, alimentée par le devoir de réserve des magistrats, alors que les critiques contre leurs décisions se multiplient dans les médias sans véritable contradiction. À l’ère de « l’hyper-information et de la communication instantanée », il estime que « le temps est venu » de faire évoluer les pratiques. Parmi les pistes évoquées : la généralisation de communiqués dans les affaires sensibles et la désignation de porte-paroles capables d’expliquer les décisions. Ces derniers, qui n’auraient pas pris part aux délibérations, joueraient un rôle de « pédagogues », clarifiant les jugements sans les commenter ni les déformer. Avec cette orientation, le nouveau président du tribunal entend renforcer la transparence et désamorcer les attaques, tout en défendant l’autorité de la justice face à une défiance croissante.

Que retenir rapidement ?

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