Fini les tampons à l’encre, place à la biométrie. À partir du 12 octobre 2025, l’Union européenne entamera la mise en place progressive d’un système de contrôle automatisé aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Tous les ressortissants de pays tiers venant en Europe pour un court séjour devront désormais fournir leurs empreintes digitales, une photo d’identité et les données de leur passeport, lesquelles seront centralisées dans un fichier commun. L’objectif : savoir précisément qui entre et sort du territoire européen. Le commissaire européen aux Affaires migratoires, Magnus Brunner, défend une mesure « essentielle pour renforcer la sécurité » et mieux contrôler les mouvements de population. Ce système, baptisé « entrée/sortie », a été longuement débattu depuis près de dix ans. Il concernera 29 États : les 25 pays de l’UE membres de Schengen, auxquels s’ajoutent l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. L’Irlande et Chypre restent à l’écart pour l’instant.
Réticences dans les transports et craintes de chaos à Londres
Les compagnies de transport s’inquiètent de possibles files d’attente à rallonge, notamment dans les aéroports et gares ferroviaires. Le maire de Londres, Sadiq Khan, a mis en garde contre un « chaos prévisible » à la gare de Saint-Pancras, où transitent les passagers de l’Eurostar. Le Royaume-Uni, bien que non concerné par le système en tant que membre hors UE, voit ses ressortissants impactés : « quelques minutes de contrôle supplémentaires » sont à prévoir, a prévenu l’administration britannique. Face à ces craintes, Bruxelles assure que le déploiement sera progressif, laissant aux États, aux voyageurs et aux entreprises le temps de s’adapter. Des campagnes d’information sont prévues pour accompagner le changement. Derrière ce saut technologique, l’Union mise sur une dissuasion accrue contre la migration irrégulière et un gain en efficacité pour la surveillance aux frontières. Mais les premiers mois d’application diront si ce virage numérique tiendra ses promesses sans enrayer les flux de passagers.