Médecins, patients, centres de soins : personne n’échappe aux radars de la CPAM de la Somme. En 2024, plus de 5,6 millions d’euros de fraudes ont été détectés et stoppés dans le département, selon un bilan dévoilé cette semaine. Près des trois quarts de ces fraudes sont imputables à des professionnels de santé. La caisse, en première ligne dans la traque aux abus, ne mâche plus ses efforts : agents assermentés, nouveaux outils de ciblage, coopération renforcée avec la justice, et bientôt un formulaire d’arrêt maladie ultra-sécurisé. De l’autre côté du filet, les techniques de fraude gagnent en sophistication. Et certaines explosent : les arnaques à l’audioprothèse ont été multipliées par sept en un an.
Professionnels de santé en tête des fraudeurs
En 2024, 59 % des fraudes ont été commises par des soignants : médecins, infirmiers, pharmaciens, taxis conventionnés ou encore audioprothésistes. Montants fraudés : plus de 4 millions d’euros. Actes fictifs, surfacturation, abus du dispositif 100 % santé… Les techniques varient, mais le résultat est le même : des fonds publics siphonnés. Les assurés ne sont pas en reste : arrêts de travail falsifiés, fausses déclarations, trafic de médicaments. Face à cette déferlante, la CPAM multiplie les ripostes : plus d’une centaine de procédures ont été engagées cette année, des pénalités financières aux plaintes pénales, en passant par des déconventionnements ou des saisines des ordres professionnels.
De nouveaux outils pour déjouer les falsifications
Pour limiter les fraudes à l’arrêt de travail, un nouveau formulaire Cerfa infalsifiable entrera en vigueur au 1er juillet 2025. Doté de sept éléments de sécurité (hologrammes, encres magnétiques, etc.), il vise à enrayer les faux massivement diffusés en ligne. Les vieilles versions, scannées ou photocopiées, seront désormais systématiquement rejetées. L’Assurance Maladie renforce aussi le numérique avec le déploiement progressif de l’ordonnance électronique, plus sûre et mieux traçable. Objectif : réduire les fausses prescriptions tout en fluidifiant la coordination des soins. La CPAM de la Somme l’assure : en 2025, le mot d’ordre sera « détecter plus vite, sanctionner plus fort ». Le message est clair, et il est désormais signé d’une convention avec le parquet d’Amiens.