La-France-face-a-leuthanasie
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Le phénomène prend de l’ampleur : de plus en plus de Français choisissent la Belgique pour bénéficier de l’euthanasie, une pratique qui reste interdite en France. En 2024, 106 demandes provenant de ressortissants français ont pu aboutir, selon des chiffres publiés ce mercredi 19 mars par l’autorité belge de contrôle de l’euthanasie. Une hausse qui s’inscrit dans une tendance plus large, d’autant que ce chiffre est sans doute sous-estimé, l’indication du lieu de résidence du patient n’ayant été rendue obligatoire qu’en mars 2024.

En Belgique, où l’euthanasie est encadrée par la loi depuis 2002, près de 4 000 euthanasies ont été enregistrées en 2024, soit une augmentation de plus de 16 % en un an. Parmi elles, 120 ont concerné des non-résidents, dont neuf sur dix étaient Français. Une progression marquée : en 2022, seuls 53 Français avaient été euthanasiés, contre 101 en 2023.

Pour Jacqueline Herremans, membre de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie (CFCE), ces chiffres ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. L’Association belge pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) reçoit chaque jour quatre à cinq demandes de Français. Toutefois, la saturation du système de santé belge et des restrictions budgétaires compliquent l’accès des étrangers à ces consultations de fin de vie. Certaines structures refusent désormais d’examiner des patients non-résidents.

En Belgique, la demande d’euthanasie doit être volontaire, réfléchie et répétée, sans pression extérieure. En 2024, 80 % des demandes étaient motivées par un cancer (54 %) ou une polypathologie lourde (26,8 %).

Le pays a également été le premier à autoriser l’euthanasie des mineurs sans limite d’âge en 2014. Depuis, six enfants ont bénéficié de cette loi, dont un cas en 2024.

En France, où le débat sur la fin de vie est régulièrement relancé, une loi sur l’aide active à mourir devrait être examinée en mai à l’Assemblée nationale. Si elle est adoptée, elle pourrait ouvrir la voie au suicide assisté, une avancée que certains jugent encore insuffisante. En attendant, pour nombre de patients en quête d’un dernier choix, la Belgique reste l’ultime recours.

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