Équateur : l’ex-vice-président Jorge Glas écope de 13 ans de prison supplémentaires pour détournement de fonds
Équateur : l’ex-vice-président Jorge Glas écope de 13 ans de prison supplémentaires pour détournement de fonds

Un tribunal équatorien a condamné lundi l’ancien vice-président Jorge Glas à 13 années de prison supplémentaires pour détournement de fonds publics, selon une décision relayée par les autorités judiciaires. Cette nouvelle condamnation concerne l’utilisation illicite de ressources destinées à la reconstruction des zones sinistrées par le séisme meurtrier de 2016, qui avait fait plus de 600 morts sur la côte pacifique de l’Équateur.

Âgé de 55 ans, Jorge Glas purge déjà des peines cumulées pour deux affaires antérieures de corruption, dont l’une liée au scandale international impliquant l’entreprise brésilienne Odebrecht. Il devait initialement être libéré dans moins de trois ans, mais cette nouvelle sentence prolonge son incarcération jusqu’en 2041, renforçant son statut de figure centrale des affaires politico-financières qui ont éclaboussé les gouvernements équatoriens récents.

Les procureurs ont démontré que Glas avait orchestré le détournement de fonds alloués à des programmes d’aide d’urgence, exploitant la situation de crise humanitaire provoquée par le tremblement de terre pour servir des intérêts personnels et politiques. Le tribunal a retenu contre lui des faits de malversation aggravée, portant atteinte à des ressources publiques censées soulager les populations les plus touchées.

Déjà condamné à six ans de prison en 2017 pour avoir accepté des pots-de-vin d’Odebrecht en échange de contrats publics, et à huit ans supplémentaires en 2020 pour un autre dossier de corruption, Jorge Glas voit ainsi s’alourdir encore son passif judiciaire. Ces peines cumulées font de lui l’un des plus hauts responsables politiques équatoriens condamnés pour corruption depuis le retour à la démocratie dans le pays.

Figure influente du gouvernement de Rafael Correa, Glas était autrefois considéré comme l’un des piliers de l’ère dite « citoyenne » qui a marqué la gauche équatorienne dans les années 2000 et 2010. Sa chute, enclenchée à partir de 2017, symbolise la désillusion d’une partie de la population vis-à-vis de la classe politique, souvent perçue comme minée par l’impunité et les intérêts privés.

Ni Jorge Glas ni ses avocats n’ont encore publiquement réagi à la décision du tribunal, mais des recours pourraient être engagés dans les prochains jours. Pour de nombreux observateurs, ce nouveau jugement illustre la volonté affichée de la justice équatorienne de s’attaquer aux crimes de corruption d’État, même plusieurs années après les faits.

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