Le développement des énergies renouvelables se heurte à une nouvelle difficulté en France. Enedis et le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE ont annoncé que près de 10 % du territoire ne disposait plus, en l’état actuel des infrastructures, de capacités suffisantes pour raccorder de nouveaux projets éoliens ou photovoltaïques. Dans les secteurs les plus contraints, les délais de raccordement peuvent désormais dépasser cinq ans.
Pour améliorer la visibilité des porteurs de projets, Enedis a publié une cartographie nationale identifiant les zones où le réseau électrique est saturé. Parmi les territoires concernés figurent notamment le sud de la région Centre-Val de Loire, le Lot-et-Garonne ainsi que les Vosges. Ces difficultés s’expliquent principalement par la nécessité de renforcer ou de construire de nouveaux postes-sources, indispensables pour acheminer l’électricité produite vers les zones de consommation.
Un réseau sous pression face à l’essor du solaire
La forte progression du photovoltaïque, notamment dans les exploitations agricoles, accentue la pression sur le réseau de distribution. Enedis a raccordé 6,6 gigawatts (GW) de nouvelles capacités renouvelables en 2025, contre 5,5 GW en 2024 et 4,2 GW en 2023. Sur les 6,6 GW raccordés l’an dernier, 5,8 GW provenaient du solaire, contre 0,8 GW pour l’éolien. À la fin de l’année 2025, le gestionnaire comptait plus de 1,27 million de producteurs d’électricité renouvelable connectés à son réseau.
Selon Enedis, près des deux tiers de cette croissance concernent des territoires ruraux où la consommation locale reste limitée, ce qui complique l’évacuation de l’électricité produite. Le Lot-et-Garonne illustre cette évolution avec une puissance renouvelable raccordée qui a plus que triplé en six ans.
Afin d’accompagner cette accélération, Enedis prévoit la construction d’une centaine de nouveaux postes-sources d’ici 2030, dont près des deux tiers seront dédiés au raccordement des énergies renouvelables. De son côté, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a validé un programme d’investissements de 4,24 milliards d’euros pour RTE en 2026, destiné notamment à moderniser les infrastructures, renforcer le réseau et faciliter le raccordement des futurs parcs solaires, éoliens terrestres et éoliens en mer. Malgré ces tensions, Enedis souligne qu’environ 90 % du territoire français dispose encore de capacités suffisantes pour accueillir de nouveaux projets d’énergies renouvelables.
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