C’était un 16 et 17 juillet : la rafle du Vel d’Hiv
C’était un 16 et 17 juillet : la rafle du Vel d’Hiv

Les 16 et 17 juillet 1942, la plus grande arrestation de Juifs réalisée en France durant la Seconde Guerre mondiale est menée à Paris et en proche banlieue. À la demande des autorités allemandes, plus de 4 500 policiers et gendarmes français participent à cette vaste opération. En l’espace de deux jours, 12 884 personnes sont arrêtées à leur domicile. Les interpellations se poursuivent jusqu’au 20 juillet, portant le total à 13 152 victimes, parmi lesquelles plus de 4 000 enfants. Pour la plupart, elles seront déportées vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, d’où seules quelques dizaines reviendront.

Une opération menée par la police française

Préparée par les autorités nazies avec le concours du régime de Vichy, cette rafle vise principalement les Juifs étrangers et apatrides vivant dans la région parisienne. Dès quatre heures du matin, les forces de l’ordre frappent aux portes des familles figurant sur les listes établies par l’administration. Les personnes arrêtées sont acheminées dans des autobus réquisitionnés. Les adultes seuls et les couples sans enfants sont envoyés au camp de Drancy. Les familles, elles, sont conduites au Vélodrome d’Hiver, dans le 15e arrondissement de Paris, où plus de 8 000 personnes sont entassées pendant plusieurs jours.

Un drame devenu le symbole de la Shoah en France

Privés de nourriture suffisante, d’eau potable et de conditions d’hygiène élémentaires, les internés du Vel d’Hiv vivent dans une chaleur étouffante avant d’être transférés vers les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. Les parents sont ensuite déportés vers Auschwitz-Birkenau. Les enfants, séparés de leurs familles quelques semaines plus tard, sont eux aussi envoyés vers le camp d’extermination, où ils sont assassinés à leur arrivée. La rafle du Vel d’Hiv demeure aujourd’hui le symbole de la participation de l’État français à la politique de persécution et de déportation des Juifs menée par l’Allemagne nazie. Le 16 juillet 1995, dans un discours resté historique, le président Jacques Chirac reconnaît officiellement la responsabilité de l’État français dans ces crimes, mettant fin à plusieurs décennies de déni institutionnel.

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