Au bout d’une impasse isolée du hameau des Astiers, à La Bâtie-Neuve, l’impensable s’est produit. Dimanche 20 juillet, dans cette commune paisible près de Gap, trois membres d’une même famille ont été retrouvés morts dans leur maison. Selon les premiers éléments de l’enquête, Louis Dorioz, ancien artisan plâtrier respecté dans la région, aurait tué son épouse Françoise et leur fille Élodie avant de retourner l’arme contre lui. Rien ne laissait présager une telle tragédie. Aucun coup de feu n’a été entendu, la maison étant isolée, dissimulée par les arbres et éloignée des habitations voisines. Ce sont des proches inquiets de ne plus obtenir de réponse qui ont fait la macabre découverte. L’enquête, menée par la gendarmerie et supervisée par le parquet de Gap, s’oriente vers un double homicide suivi d’un suicide, sans qu’on puisse encore en dater précisément l’exécution.
Un drame silencieux, sans témoins ni signe annonciateur
Le mobile reste flou. Louis Dorioz, âgé de plus de 70 ans, semblait préoccupé par sa santé déclinante et la situation fragile de sa fille. Élodie, trentenaire, vivait seule à Hyères et séjournait chez ses parents pour les vacances. Les habitants évoquent une jeune femme discrète, parfois décrite comme vulnérable. Malgré les apparences d’une famille discrète et sans histoire, le père aurait redouté de laisser les deux femmes sans soutien. Les autopsies des victimes sont prévues mercredi à Grenoble. Le parquet espère ainsi mieux comprendre les circonstances exactes du drame. En attendant, le hameau endeuillé tente de digérer l’horreur. Une marche blanche pourrait être organisée en mémoire des deux femmes, alors que les volets clos de la maison Dorioz symbolisent désormais une douleur silencieuse dans ce coin tranquille des Hautes-Alpes.