La France aura tenté jusqu’au bout, en vain. Après 90 jours de rétention administrative, délai légal maximum, l’influenceur algérien connu sous le pseudonyme Doualemn a été contraint de retrouver la liberté. Il a quitté mardi 17 juin le centre de rétention du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne. La loi ne permettait plus de le maintenir enfermé, et l’Algérie, de son côté, refuse toujours de le reprendre. Résultat : il reste en France, sous une stricte assignation à résidence à Montpellier. Les autorités françaises avaient tenté une première expulsion dès janvier. Mais une fois arrivé à Alger, Boualem Naman (son vrai nom) avait été immédiatement réexpédié vers Paris. Depuis, le bras de fer diplomatique n’a pas permis de trouver une issue. Et la justice administrative française, tout en confirmant l’expulsabilité du profil, n’a pas suspendu la mesure, jugeant les conditions légales insuffisantes pour un blocage.
Une affaire à la croisée du droit, de la politique et des réseaux
L’affaire débute avec une vidéo polémique postée début janvier sur TikTok, où cet agent d’entretien suivi par plus de 130 000 abonnés appelait à s’en prendre violemment à un opposant au régime algérien. Alertés par le maire de Montpellier et le préfet de l’Hérault, les services de l’État avaient immédiatement engagé des poursuites. Une peine de cinq mois de prison avec sursis avait suivi, ainsi qu’un arrêté d’expulsion. Après un retour express depuis Alger en janvier, l’homme avait été de nouveau arrêté le 20 mars à Montpellier par la police aux frontières. Enfermement au CRA, procédures judiciaires, tentatives d’éloignement : rien n’a abouti. Et c’est vidé de toute option légale que l’État a été contraint de relâcher cet influenceur controversé, décrit par ses avocats comme affecté psychologiquement. Libre, mais placé sous surveillance, il incarne désormais le casse-tête juridique et diplomatique que peuvent devenir certains profils à l’ère des tensions bilatérales et des réseaux sociaux.