Dix détenus s’évadent de la prison de la Nouvelle-Orléans, sept toujours en fuite
Dix détenus s’évadent de la prison de la Nouvelle-Orléans, sept toujours en fuite

NOUVELLE-ORLÉANS — Dix hommes se sont évadés vendredi du centre de justice d’Orléans, à La Nouvelle-Orléans, en creusant un trou derrière les toilettes d’une cellule et en escaladant un mur de la prison. Une évasion audacieuse qui a eu lieu alors que le seul garde affecté au bloc s’était absenté pour aller chercher de la nourriture. Plus de sept heures se sont écoulées avant que l’incident ne soit découvert.

Parmi les évadés figuraient plusieurs suspects accusés de meurtre. Selon la shérif Susan Hutson, les détenus ont exploité des « serrures défectueuses » et pourraient avoir bénéficié d’une aide interne. Une enquête a été ouverte pour déterminer si des membres du personnel pénitentiaire ont facilité cette fuite. Trois employés ont d’ailleurs été suspendus à titre préventif.

Des images de vidéosurveillance dévoilées par les autorités montrent les fugitifs, certains en tenues orange, escaladant des clôtures et traversant l’autoroute à l’aide de couvertures pour éviter les barbelés. Une photographie fournie par la police montre le trou utilisé pour s’échapper, orné d’un graffiti provocateur : « Trop facile, LoL ».

Depuis, trois évadés ont été capturés. Le premier, Kendall Myles, 20 ans, connu pour deux précédentes évasions de centres pour mineurs, a été arrêté dans le quartier français. Robert Moody, 21 ans, et Dkenan Dennis ont également été repris grâce à des informations de témoins. Sept hommes restent activement recherchés. La police d’État, appuyée par des agences fédérales et locales, a mobilisé hélicoptères et technologies de reconnaissance faciale pour les localiser.

Le bureau du shérif a admis que personne n’était en poste dans le bloc au moment de l’évasion, à l’exception d’une technicienne civile temporairement absente. Les détenus ont profité de cette brèche pour entrer dans une cellule contenant le passage vers l’extérieur, vers 1h du matin. Le trou, dissimulé derrière un dispositif de plomberie endommagé, aurait été élargi à l’aide d’un outil coupant. Une fois dehors, les fugitifs se sont débarrassés de leurs uniformes, certains ayant rapidement revêtu des vêtements civils, sans que l’on sache comment.

La situation a provoqué une vague d’indignation. Le procureur Jason Williams a dénoncé un « manquement grave » de la part de l’administration pénitentiaire. La procureure générale de Louisiane, Liz Murrill, a fustigé une réaction tardive et alerté les États voisins. La cheffe de la police de La Nouvelle-Orléans, Anne Kirkpatrick, a promis de « déployer tous les moyens nécessaires », en collaboration avec le FBI et les US Marshals, et a lancé un avertissement : « Toute personne aidant ces fugitifs sera poursuivie. »

La prison de La Nouvelle-Orléans est sous surveillance fédérale depuis plus d’une décennie, à la suite de graves manquements aux droits fondamentaux des détenus. Malgré l’ouverture en 2015 du centre de justice d’Orléans, les problèmes d’infrastructure, de sécurité et de violence persistent. Le centre détient actuellement 1 400 personnes, dont de nombreux détenus à haut risque, dans un bâtiment que le personnel juge inadapté.

La shérif Hutson a souligné que son personnel était en sous-effectif critique — seulement 60 % des postes sont pourvus — et que l’établissement ne disposait pas des moyens nécessaires pour assurer une maintenance adéquate. Des demandes de financement pour des réparations urgentes avaient été déposées quelques jours avant l’évasion.

Alors que les recherches se poursuivent et que la ville est en état d’alerte, les critiques pleuvent sur la gestion de la prison. Les autorités assurent faire tout leur possible pour retrouver les évadés et protéger les témoins ou victimes de leurs crimes présumés. Mais pour de nombreux habitants, cette évasion met en lumière les failles criantes d’un système pénitentiaire à bout de souffle.

Partager