Les premiers prisonniers arrivent aujourd’hui à la nouvelle prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne. L’annonce a été faite mardi 11 novembre au soir par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
Une structure ultra-sécurisée pour les profils les plus dangereux
Cette prison, la deuxième du genre après celle de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), entre progressivement en service. Une quarantaine de détenus doivent y être transférés d’ici la fin du mois, avant que l’établissement n’en accueille une centaine au total. Le quartier, baptisé QLCO (quartier de lutte contre la criminalité organisée), a bénéficié d’un investissement de cinq millions d’euros. Ces structures visent à isoler totalement des prisonniers considérés comme appartenant au haut du spectre de la criminalité organisée. Inspiré du modèle italien de lutte antimafia, ce régime de détention ultra-strict doit empêcher tout contact avec l’extérieur et couper les circuits de communication utilisés pour piloter des trafics depuis les cellules. Le garde des Sceaux a rappelé que la France compte environ 86 000 détenus, dont près de 500 sont jugés particulièrement dangereux. Le premier QLCO, celui de Vendin-le-Vieil, héberge notamment Salah Abdeslam, condamné pour les attentats du 13 novembre, et le narcotrafiquant Mohamed Amra.
Un plan national de sécurisation carcérale
Gérald Darmanin s’est félicité du fonctionnement exemplaire du site de Vendin-le-Vieil, affirmant qu’« aucun drone, téléphone portable ni clé USB » n’y avait été détecté depuis son ouverture. Ce modèle de confinement total est désormais étendu avec Condé-sur-Sarthe et sera progressivement déployé ailleurs en France. Le prochain QLCO ouvrira à Réau, en Seine-et-Marne, en juin 2026, avant Valence, Aix-en-Provence et enfin Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, prévu pour la fin de l’année 2028. Ces établissements devraient constituer le maillon central du dispositif français de lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme en milieu carcéral.