Haute-Savoie : huit mois de prison ferme pour avoir tagué « Free Palestine » sur des voitures de touristes juifs @Capture BFM
Haute-Savoie : huit mois de prison ferme pour avoir tagué « Free Palestine » sur des voitures de touristes juifs @Capture BFM

Un saisonnier de 32 ans comparaît ce lundi en Haute-Savoie après une série de dégradations qui ont suscité l’indignation. Dans la nuit de mardi à mercredi, huit voitures stationnées à Châtel ont été recouvertes de graffitis « Free Palestine ». Parmi elles, quatre appartenaient à des vacanciers britanniques membres de la communauté juive Loubavitch, et quatre autres présentaient des caractéristiques similaires à des véhicules utilisés par cette communauté. L’affaire a été prise très au sérieux par les autorités. Le parquet de Thonon-les-Bains a retenu la qualification de « dégradation du bien d’autrui commise en raison de l’appartenance, réelle ou supposée, de la victime à une nation ou à une religion ». Une enquête a été confiée à la brigade de recherches locale, appuyée par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine. Rapidement, un véhicule repéré près des lieux a conduit les gendarmes vers le suspect.

Des aveux suivis de regrets

Lors de sa garde à vue, l’homme a d’abord nié toute implication avant de reconnaître être l’auteur des tags. Il a expliqué avoir visé ce qu’il pensait être des « voitures de juifs israéliens », affirmant vouloir « faire entendre sa voix et passer un message sur la Palestine ». Face aux enquêteurs, il a ensuite exprimé ses regrets, admettant la gravité de son geste. Le prévenu devra répondre de ses actes en comparution immédiate. Derrière l’éclat symbolique d’un slogan, c’est bien un délit ciblant des individus en raison de leur appartenance religieuse qui lui est reproché.

Un climat tendu autour des slogans pro-palestiniens

Cet épisode s’inscrit dans un contexte où les expressions liées au conflit israélo-palestinien peuvent parfois glisser vers des actes perçus comme antisémites. Le parquet a voulu marquer la dimension aggravante de faits qui dépassent la simple dégradation matérielle. Le procès de ce lundi dira quelle sanction la justice entend infliger à ce saisonnier, entre la volonté affichée de « passer un message » et l’atteinte directe à des vacanciers pris pour cible en raison de leur identité supposée. À Châtel, station de montagne habituellement paisible, ces graffitis laissent un arrière-goût amer et rappellent que certains slogans, détournés de leur contexte, peuvent devenir des armes de stigmatisation.

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