Bourses étudiantes : un système à bout de souffle sous pression des associations
Bourses étudiantes : un système à bout de souffle sous pression des associations

Alors que la Fage (Fédération des Associations Générales Étudiantes) chiffre le coût de la rentrée universitaire 2025 à 3 227 euros pour un étudiant non-boursier, en hausse de 2 % sur un an, le principal syndicat étudiant tire la sonnette d’alarme et réclame une réforme en profondeur du système de bourses. En France, ces aides sont distribuées sur critères sociaux, selon huit échelons. Elles vont de 120 euros par mois (1 454 euros par an) pour l’échelon 0 à 527 euros mensuels (6 335 euros annuels) pour l’échelon 8. Le versement est limité à dix mensualités et calculé en fonction des revenus parentaux et de la distance entre le domicile et le lieu d’études. Les étudiants ultramarins bénéficient d’une majoration de 300 euros, censée compenser le coût de la vie et l’éloignement. Près de 679 000 étudiants, soit 37 % des effectifs, étaient boursiers en 2023-2024, un chiffre relativement stable depuis dix ans. Mais les disparités sont fortes selon les territoires : 65 % des étudiants sont boursiers à La Réunion, contre moins de 25 % en région parisienne. Les étudiantes en bénéficient plus souvent que les étudiants, quatre sur dix contre trois sur dix.

Des critères stricts, jugés inadaptés

Pour prétendre à une bourse, il faut avoir moins de 28 ans lors de la première demande, sauf exceptions liées à un handicap ou à une charge de famille. Les revenus des parents, et non ceux de l’étudiant, servent de base au calcul, ce que dénoncent les associations. La bourse n’est accessible que sept ans au maximum et suppose d’étudier à temps plein, d’être assidu et de se présenter aux examens. Les étudiants étrangers doivent, eux, justifier de deux années de résidence en France avant de pouvoir en bénéficier.

Vers une refonte plus juste ?

La Fage, appuyée par l’Unef (Union nationale des étudiants de France) et certains syndicats, plaide pour une réforme ambitieuse. À court terme, elle demande l’indexation des montants et des plafonds de ressources sur l’inflation afin d’éviter que des étudiants perdent leur aide du fait d’augmentations salariales parentales qui n’améliorent pas réellement le pouvoir d’achat. À plus long terme, l’objectif est de basculer vers une allocation universelle basée sur les ressources propres de l’étudiant et le coût de la vie dans son territoire, afin de soutenir davantage de jeunes face à une rentrée de plus en plus coûteuse. La dernière réforme date de 2023 et avait permis l’entrée de 35 000 nouveaux bénéficiaires, pour un budget supplémentaire de 500 millions d’euros. Mais pour les associations étudiantes, l’effort reste insuffisant au regard de la flambée du coût de la vie.

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