Irina Stchastnaïa, 37 ans, n’a retrouvé son fils qu’après près de quatre ans de détention dans une prison bélarusse, pour avoir animé une chaîne Telegram critique envers le régime d’Alexandre Loukachenko. Arrêtée en novembre 2020 devant son enfant de 10 ans, elle a subi les sévices d’un régime qui persécute ses opposants. Libérée en juin 2024, elle vit désormais en Pologne avec son fils, mais reste hantée par son emprisonnement.
Le Bélarus, où plus de 1 200 prisonniers politiques sont toujours détenus, demeure un pays marqué par la répression. Irina raconte les conditions difficiles dans la colonie pénitentiaire de Gomel, où elle cousait des uniformes militaires, et les appels vidéo strictement surveillés avec son fils. “La prison ne détruit pas seulement une personne, mais une famille entière”, confie-t-elle.
Comme Irina, Kristina Tcherenkova, ancienne détenue exilée en Pologne, continue de porter le poids de ses deux ans d’incarcération. Arrêtée pour avoir dénoncé l’invasion russe de l’Ukraine, elle œuvre désormais à recueillir des informations sur les prisonniers politiques toujours enfermés.
Pour Daria Afanassïeva, une autre ancienne détenue féministe, la solidarité entre prisonnières a été essentielle pour tenir face aux épreuves. Cependant, même en exil, le spectre de la prison persiste. “Quand il neige ici, je pense aux détenues qui doivent nettoyer la cour glacée”, explique-t-elle.
Ces témoignages poignants rappellent l’urgence d’agir pour les centaines de Bélarusses encore enfermés, souvent dans des conditions inhumaines, pour avoir simplement exprimé leur désaccord.