Ce qui ne devait être qu’une passion pour les reliques militaires s’est soldé par une comparution devant la justice. Le mardi 3 juin, le tribunal judiciaire d’Argentan (Orne) a condamné trois hommes pour détention illégale d’un impressionnant arsenal, comprenant armes, munitions, explosifs et pièces d’armement, en grande partie issues de la Seconde Guerre mondiale.
Une dénonciation anonyme et un stock démesuré
L’affaire remonte à décembre 2022, lorsqu’un courrier anonyme attire l’attention du parquet sur des habitants de Tinchebray-Bocage, soupçonnés de conserver chez eux des armes de guerre. L’enquête diligentée par la gendarmerie locale confirme rapidement les soupçons : un homme de 73 ans, son fils de 35 ans, et un autre habitant de 62 ans sont trouvés en possession d’un véritable dépôt d’armes. Parmi les pièces saisies : 21 fusils et carabines, une mine antipersonnel, un bazooka allemand, un canon, onze grenades, des bandes de mitrailleuses, quatre kilos de poudre explosive, et plusieurs dizaines de kilos de munitions. Les perquisitions révèlent également des éléments permettant, selon le parquet, de « bricoler » certaines armes, soulevant la question de leur potentielle remise en état.
Une passion commune, mais une méconnaissance de la loi
Devant les juges, les trois hommes reconnaissent les faits mais plaident leur ignorance des évolutions légales. Le plus jeune explique n’avoir conservé que des armes démilitarisées, tandis que son père souligne que certaines pièces étaient encore autorisées jusqu’en 2023, avant un changement de réglementation. Le troisième prévenu reconnaît l’illégalité de ses détentions, tout en insistant sur sa passion pour l’histoire militaire. Pour le procureur, au-delà de l’intention, la quantité d’armes retrouvées justifie une inquiétude légitime. Il rappelle que la détention de pièces détachées pouvait permettre la réactivation de certaines armes et requiert des peines alternatives à l’incarcération.
Des peines symboliques mais fermes
Le tribunal prononce finalement des peines différenciées : douze mois de prison avec sursis pour le père et le fils, et une peine de 60 jours-amendes à 10 euros pour leur voisin. Tous trois écopent d’une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans, et les scellés ont été confisqués. Si le tribunal a tenu compte de la dimension passionnelle du dossier, il n’a pas écarté le risque que représente la conservation d’un tel arsenal, même à des fins de collection.