Ajaccio inaugure son téléphérique urbain pour réduire l’usage de la voiture
Ajaccio inaugure son téléphérique urbain pour réduire l’usage de la voiture

Ajaccio a franchi un cap symbolique samedi 18 octobre en inaugurant son tout premier téléphérique urbain, baptisé « Angelo », devenu le quatrième de France après ceux de Brest, Saint-Denis de La Réunion et Toulouse. Conçu pour désengorger les routes de la ville, ce nouvel équipement vise à offrir une alternative concrète à la voiture sur un territoire où 75 % des trajets de moins de trois kilomètres se font encore en automobile. Les cabines, au nombre de 34, relient en 12 minutes le quartier Saint-Joseph, en bord de mer, au pôle économique et résidentiel de Mezzavia, franchissant une colline de 54 mètres de dénivelé. Le parcours s’étend sur trois kilomètres et comprend deux arrêts intermédiaires, l’un à proximité d’un futur parc de huit hectares et l’autre près de l’hôpital, d’un collège et d’un stade.

Un projet ambitieux mais contesté

D’un coût total de 38 millions d’euros, financé à 70 % par l’État, le téléphérique peut transporter entre 1 000 et 1 500 passagers par heure et par sens. Pour le maire Stéphane Sbraggia, cet investissement vise à « désenclaver une entrée de ville asphyxiée » et à « améliorer la santé publique » en réduisant la pollution liée à la circulation automobile. L’équipement, exploité dans le cadre d’un marché de 23,8 millions d’euros sur dix ans, emploiera 28 personnes à temps plein. Ouvert de 6 h 30 à 22 h, il s’intègre dans une offre de transport multimodale comprenant bus, navette maritime et futur tram-train, accessible via un abonnement à 30 euros par mois. Mais le projet, lancé à l’approche des élections municipales de 2026, ne fait pas l’unanimité. Certains élus, notamment les autonomistes de Femu a Corsica et les indépendantistes de Core in Fronte, dénoncent un projet « démesuré », « inutile » et « impopulaire ». D’autres, comme le Rassemblement national, s’inquiètent des impacts environnementaux liés au déboisement du tracé.

Un pari sur la mobilité durable

Malgré ces critiques, la collectivité du pays ajaccien reste confiante : la rentabilité serait atteinte à partir de 3 600 voyageurs quotidiens, alors que plus de 21 000 usagers potentiels ont été recensés. Les exemples de Brest et Toulouse, où les téléphériques connaissent un succès croissant, nourrissent l’optimisme des partisans du projet. Pour beaucoup d’Ajacciens, ce téléphérique symbolise la volonté d’adapter la ville à de nouvelles formes de mobilité plus propres et plus fluides. Reste à savoir si, comme dans les autres métropoles françaises, les habitants adopteront durablement cette nouvelle façon de se déplacer.

Que retenir rapidement ?

Ajaccio a franchi un cap symbolique samedi 18 octobre en inaugurant son tout premier téléphérique urbain, baptisé « Angelo », devenu le quatrième de France

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