Nouvelle venue dans l’univers des polars insulaires, Plaine orientale est disponible sur Canal+ depuis le 26 mai 2025. Créée par Pierre Leccia, déjà à l’origine des dernières saisons de Mafiosa, la série en huit épisodes explore les mutations du banditisme en Corse contemporaine à travers le parcours d’un homme pris en étau entre ses origines, sa famille et les réseaux criminels. Avec au casting Raphaël Acloque, Lina El Arabi, Éric Fraticelli et Denis Pierinelli – révélé dans Pékin Express –, ce thriller sombre et tendu assume ses influences tout en proposant une relecture actuelle du genre mafieux.
Reda, Inès et Carlotti : un triangle explosif dans la Plaine orientale
Dix ans après sa sortie de prison, Reda Campana, interprété par Raphaël Acloque (Engrenages, Tyran), tente de renouer avec son ancienne vie de délinquant. Mais le monde a changé. Trop arabe pour ses anciens complices corses, et trop corse pour ses nouveaux partenaires issus du Maghreb, Reda est relégué à un point de deal sans avenir. Sa demi-sœur Inès (Lina El Arabi), magistrate fraîchement nommée à Bastia au sein d’un pôle antimafia fictif, voit en lui une chance de remonter jusqu’au puissant César Carlotti (Éric Fraticelli), figure centrale du trafic dans le nord de l’île.
Dans cette intrigue familiale et criminelle, la série tisse des liens complexes entre héritage culturel, loyautés fragiles et trahisons. Le passé commun de Reda avec Alexandra, fille du parrain et désormais mariée à un autre, vient encore brouiller les lignes entre l’intime et le politique. Sur fond de rivalités mafieuses et d’infiltration économique, notamment dans les marchés publics liés au traitement des déchets, la série s’ancre dans une réalité contemporaine que son créateur dit avoir directement observée.
Une nouvelle voix dans le polar insulaire, entre héritage et modernité
Si Plaine orientale rappelle Mafiosa par son cadre, son atmosphère et une partie de son équipe (le tandem Pierre Leccia à la création et Nicole Collet à la production), elle s’en distingue par une approche plus introspective et sociale. Comme l’a expliqué Leccia à l’AFP, son ambition était de raconter « une autre histoire de la Corse », où l’ancienne omerta sur la mafia a cédé la place à une reconnaissance institutionnelle, reflétée dans la fiction par la création du pôle antimafia.
La série aborde de front les tensions identitaires à travers le personnage de Reda, tiraillé entre deux cultures, rejeté des deux côtés. Le showrunner l’assume : Plaine orientale est autant un polar qu’un drame humain, qui explore la violence des appartenances fragmentées. La présence à l’écran de Denis Pierinelli, ex-candidat emblématique de Pékin Express, dans le rôle de Michel Dragacci, ajoute un clin d’œil inattendu à ce casting mêlant visages confirmés et figures inattendues.
Plus qu’une série de gangsters, Plaine orientale propose une plongée dans un territoire en mutation, entre racines et ruptures, où le crime organisé se frotte aux dilemmes familiaux et à la quête de soi. Canal+ tient peut-être là le successeur spirituel de Mafiosa, avec une ambition narrative qui dépasse les clichés du genre.