Eric Freymond, gestionnaire de fortune suisse âgé de 67 ans, a été retrouvé mort mercredi 23 juillet près de son chalet situé à Saanen, dans le canton de Berne. Plusieurs sources proches ont indiqué qu’il s’agirait d’un suicide. L’homme était au cœur d’un litige judiciaire initié par Nicolas Puech, 82 ans, arrière-petit-fils du fondateur de la maison Hermès. Ce dernier l’accusait d’avoir fait disparaître plus de six millions d’actions Hermès, représentant près de 6 % du capital du groupe. Bien qu’une première procédure ouverte à Genève ait conclu à un classement sans suite, en raison d’éléments jugés trop vagues, une plainte distincte avait été déposée en France par l’héritier.
Un soupçon devenu insupportable
La disparition des actions aurait coïncidé avec la période où le groupe LVMH, dirigé par Bernard Arnault, avait entamé une montée secrète au capital d’Hermès. L’un des enjeux de l’enquête portait donc sur la possibilité que ces titres aient été vendus ou transférés de manière dissimulée à cette époque. Décrit comme un homme discret, mécène et sensible, Eric Freymond aurait été profondément affecté par les accusations portées contre lui. Deux de ses avocats ont estimé que la violence du soupçon et l’exposition médiatique l’avaient profondément déstabilisé. Le décès du financier jette une ombre sur une affaire qui mêle grandes fortunes familiales, placements opaques et tensions autour de l’empire du luxe.