NEW YORK – Le rappeur et producteur Sean “Diddy” Combs a confirmé mardi qu’il ne témoignerait pas à son procès pour trafic sexuel et association de malfaiteurs, saluant au passage le « travail excellent » du juge fédéral chargé de l’affaire. L’annonce est intervenue après plus de six semaines d’audiences marquées par des témoignages accablants de la part de deux anciennes compagnes.
Le juge Arun Subramanian a posé à Combs la question classique de savoir s’il souhaitait témoigner, une étape de procédure destinée à s’assurer que le prévenu connaît ses droits. « Je vais très bien, votre honneur », a répondu le fondateur de Bad Boy Entertainment avant d’ajouter spontanément : « Je voulais vous dire merci, vous faites un excellent travail. » Il a ensuite confirmé avoir pris sa décision en pleine connaissance de cause, « en accord avec [ses] avocats », mais précisant que « c’est [sa] décision à faire ».
Âgé de 55 ans, Sean Combs plaide non coupable. Il reste détenu sans caution dans un centre de détention fédéral à Brooklyn, plusieurs juges ayant estimé qu’il représentait un danger pour la société. Son procès s’est ouvert début mai à Manhattan et le ministère public a présenté 34 témoins à charge, dont ses deux ex-compagnes : la chanteuse Casandra « Cassie » Ventura et une influenceuse identifiée sous le pseudonyme de « Jane ».
Les deux femmes ont raconté des faits similaires : des « freak-offs » ou « hotel nights », orgies orchestrées où elles devaient avoir des rapports sexuels avec d’autres hommes pendant que Combs les regardait, les filmait, voire les couvrait d’huile pour bébé. Ventura a affirmé avoir subi ces pratiques sur plus d’une décennie, de 2007 à 2018. Jane a déclaré y avoir participé encore en août dernier, peu avant l’arrestation de Combs, qu’elle devait retrouver dans un hôtel new-yorkais.
La défense soutient que les actes étaient pleinement consentis et relèvent d’un style de vie libertin, ce que les vidéos projetées au tribunal viendraient, selon elle, corroborer. Dans son exposé initial, l’avocate de Combs avait qualifié ces enregistrements de « preuves puissantes » du consentement des participantes.
Le ministère public a conclu sa présentation mardi après-midi, sans que la défense n’appelle de témoins. Elle a déposé une requête en annulation des charges, arguant qu’aucune infraction n’a été prouvée. Le juge Subramanian a indiqué qu’il statuerait ultérieurement sur cette demande. Le verdict final dépendra désormais de l’appréciation du jury, appelé à se prononcer sur un dossier mêlant notoriété, intimité et graves accusations pénales.