Procès Péchier : l’anesthésiste nie et réclame des preuves @Capture Cnews Tv
Procès Péchier : l’anesthésiste nie et réclame des preuves @Capture Cnews Tv

À Besançon, quinze jours après l’ouverture de son procès, Frédéric Péchier a enfin pris la parole. L’ancien anesthésiste, jugé pour trente empoisonnements dont douze mortels, s’est présenté à la barre en chemise bleu-gris et jean, défendant sa version face à une cour d’assises déjà nourrie de témoignages accablants. Le point de départ de l’affaire, l’arrêt cardiaque de Sandra Simard en janvier 2017, a cristallisé les échanges. L’accusation estime que l’injection de gluconate de calcium prescrite par Péchier trahissait sa connaissance d’un empoisonnement au potassium. Lui affirme qu’il s’agissait d’une habitude professionnelle héritée de son passage au CHU et que ce geste « ne pouvait pas faire de mal ». Il reconnaît désormais que la patiente a bien été empoisonnée, mais nie toute implication : « Je n’ai pas empoisonné la poche de madame Simard, c’est net. »

Conflits, soupçons et contre-attaques

Confronté à l’image du « pompier pyromane » qui empoisonnait pour mieux sauver, Péchier s’insurge : « Si ce potassium a été mis à 100 fois la dose, ce n’était pas pour réanimer mais pour tuer. » Il souligne qu’aucun témoin ne l’a jamais vu manipuler les poches de soluté. L’accusation rappelle toutefois le climat de rivalités financières et personnelles qui régnait entre anesthésistes de la clinique. L’accusé balaie le mobile supposé : « Être en colère ne veut pas dire empoisonner quelqu’un. » Ses déclarations ont aussi relancé le feuilleton des accusations croisées. Après avoir mis en cause sa collègue Anne-Sophie Balon-Dole, il avait désigné son ami Sylvain Serri. Aujourd’hui, il limite ses soupçons à un seul cas, tout en maintenant la thèse d’un autre coupable qui aurait poursuivi ses méfaits après son départ, cette fois sur du matériel médical.

« On veut me mettre tout sur le dos »

Face aux parties civiles, Péchier insiste : « Personne ne m’a vu le faire. On est dans un procès d’assises, il faut des preuves. » Sa défense martèle qu’il est devenu le coupable idéal, la fermeture de la clinique ayant été écartée au profit d’un homme à juger. « Vous aviez une famille, une carrière brillante, des vacances magnifiques, et vous auriez empoisonné des patients pour vous faire valoir ? », a résumé son avocat Randall Schwerdorffer. L’accusé acquiesce : « On veut me mettre tout sur le dos. » L’interrogatoire se poursuivra mercredi. Les jurés disposent encore de plusieurs semaines pour se forger une conviction dans un dossier hors norme, où l’absence de preuves directes se heurte à la gravité des soupçons.

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