Procès de Sean 'Diddy' Combs : le rappeur accusé d'avoir dirigé un réseau de trafic sexuel sur deux décennies
Procès de Sean 'Diddy' Combs : le rappeur accusé d'avoir dirigé un réseau de trafic sexuel sur deux décennies

NEW YORK — Le procès très attendu de Sean “Diddy” Combs s’ouvre ce lundi à New York, où les procureurs fédéraux tenteront de démontrer que le magnat du hip-hop a transformé son empire musical en une organisation criminelle au service de ses désirs sexuels, soumettant des femmes à des abus et à l’exploitation pendant près de vingt ans.

Âgé de 55 ans, Combs a plaidé non coupable à une inculpation en cinq chefs d’accusation, qui pourrait lui valoir au moins 15 années de prison s’il est reconnu coupable. Il est actuellement incarcéré dans une prison fédérale de Brooklyn depuis son arrestation survenue en septembre dernier. Les déclarations liminaires des avocats sont prévues ce lundi matin, après la dernière phase de sélection du jury. Les premiers témoignages pourraient suivre dans l’après-midi.

Les procureurs accusent Combs d’avoir contraint des femmes à participer à des orgies sous l’effet de drogues, les maintenant sous contrôle à l’aide de violences physiques. Il est notamment accusé d’avoir étranglé, frappé, donné des coups de pied et traîné certaines d’entre elles par les cheveux. Selon l’acte d’accusation, ces abus auraient été systématiques et organisés à travers son réseau d’entreprises, notamment son label Bad Boy Records.

Parmi les premiers témoins attendus figure l’ex-compagne de Combs, la chanteuse de R&B Cassie (de son vrai nom Casandra Ventura), qui avait déposé une plainte en 2023 pour violences conjugales, incluant viols et passages à tabac répétés. Bien que cette plainte ait été réglée à l’amiable quelques heures seulement après son dépôt, elle a déclenché une enquête policière approfondie et ouvert la voie à des dizaines d’autres plaintes similaires.

Les procureurs prévoient de présenter comme preuve une vidéo de vidéosurveillance datant de 2016, montrant Combs en train de frapper Cassie dans un couloir d’hôtel à Los Angeles. Les jurés pourraient également visionner des enregistrements d’événements qualifiés de “Freak Offs”, au cours desquels des femmes auraient eu des relations sexuelles avec des travailleurs du sexe masculins sous l’œil de Combs, parfois pendant plusieurs jours. Les participants auraient même eu besoin de perfusions pour se remettre de ces fêtes, selon les autorités.

L’avocat de la défense, Marc Agnifilo, a admis que Combs n’était “pas une personne parfaite” et a indiqué qu’il suivait une thérapie, notamment pour des problèmes de consommation de drogues, avant son arrestation. Il maintient néanmoins que les relations sexuelles étaient consensuelles et que tout acte de violence était isolé.

Après la diffusion, l’an dernier sur CNN, de la vidéo montrant l’agression de Cassie, Combs avait présenté ses excuses publiques, affirmant assumer “l’entière responsabilité” de ses actes : « J’étais écœuré de moi-même à ce moment-là. Je le suis encore aujourd’hui. »

Le procès devrait durer au moins huit semaines et pourrait ébranler durablement l’image publique d’un des hommes les plus influents de l’industrie musicale américaine.

Partager