Le procès de Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse Delphine, disparue en décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, se poursuit devant la cour d’assises du Tarn. Après les auditions des gendarmes, des experts et du procureur, ce sont désormais les proches de la jeune infirmière qui viennent livrer leurs témoignages. Parmi eux, sa sœur Stéphanie Aussaguel, qui dresse un portrait particulièrement sombre de l’accusé, entre mensonges, violences éducatives et attitude déconcertante au lendemain de la disparition.
Un portrait accablant dressé par la sœur de Delphine Jubillar
À la barre, Stéphanie Aussaguel n’a pas caché sa défiance à l’égard de son beau-frère, qu’elle décrit comme un homme « menteur » et « manipulateur ». Elle explique n’avoir jamais pu lui faire totalement confiance, évoquant un tempérament impulsif et des comportements qu’elle juge violents, notamment envers son fils Louis, aujourd’hui âgé de 11 ans.
Lors d’un repas de famille, un souvenir reste gravé dans sa mémoire : alors que l’enfant, âgé de cinq ans, courait dans la pièce, Cédric lui aurait donné un coup de pied « assez violent ». Quand Delphine s’était interposée, son mari lui aurait rétorqué qu’il fallait « l’élever à la dure ». Pour la sœur de la disparue, ce type d’attitude traduisait une éducation brutale, davantage fondée sur la peur que sur la bienveillance.
Des comportements inquiétants observés chez l’enfant
Après la mise en examen de son père en juin 2021, Louis a été accueilli par sa tante. Stéphanie Aussaguel a alors découvert des gestes et des réflexes qui l’ont profondément marquée. L’enfant, lorsqu’il était puni, se mettait spontanément à genoux, les mains sur la tête, affirmant que « chez lui, c’était sur des Lego ». Des propos qui, selon elle, témoignaient d’un mode d’éducation particulièrement dur et traumatisant.
Si elle dit ne pas avoir été témoin de violences physiques de Cédric envers sa sœur, elle souligne qu’en revanche, les paroles pouvaient être blessantes, humiliantes, et que la relation du couple semblait s’être dégradée depuis plusieurs mois avant la disparition.
Une disparition dans des circonstances toujours inexpliquées
Delphine Jubillar, infirmière de nuit à Albi, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, alors que le pays vivait encore sous couvre-feu. Elle préparait les fêtes de Noël dans leur maison de Cagnac-les-Mines, près d’Albi. Au petit matin, Cédric signale son absence, affirmant qu’elle s’est volatilisée dans la nuit. Malgré des semaines de recherches, le corps de la jeune femme n’a jamais été retrouvé.
Dès les premiers jours de l’enquête, les soupçons se sont tournés vers son mari, avec lequel elle était en instance de divorce. La jeune femme envisageait de refaire sa vie avec un autre homme, un projet que l’accusation présente aujourd’hui comme un possible mobile. Cédric Jubillar, lui, nie toute implication et affirme que son épouse aurait quitté le domicile volontairement.
Un comportement jugé étrange au lendemain de la disparition
Devant la cour, Stéphanie Aussaguel a également raconté sa stupeur face au comportement de son beau-frère le lendemain de la disparition. Selon elle, l’homme l’a appelée le 16 décembre au matin, mais sans évoquer la disparition de sa sœur. Sa voix, calme et posée, lui a semblé en total décalage avec la gravité de la situation. Ce ton détaché, ajouté aux incohérences relevées au fil de l’enquête, renforce pour la famille l’image d’un homme qui dissimule la vérité.
Un procès sous tension et un verdict attendu en octobre
Depuis le début des audiences, Cédric Jubillar reste campé sur sa ligne de défense, répétant qu’il est innocent et qu’il ignore ce qu’il est advenu de Delphine. La cour d’assises du Tarn, composée de trois magistrats et de six jurés, doit désormais analyser les nombreux témoignages et les éléments matériels recueillis au cours de l’enquête.
Le verdict est attendu pour le 17 octobre. En attendant, les proches de la disparue espèrent obtenir des réponses et, peut-être, les aveux de celui qu’ils considèrent comme le principal responsable. Pour Stéphanie Aussaguel, l’enjeu dépasse la justice : il s’agit avant tout de connaître la vérité et de retrouver, enfin, le corps de sa sœur.
Que retenir rapidement ?
Le procès de Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse Delphine, disparue en décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, se poursuit devant la cour d’assises du Tarn. Après les auditions des gendarmes, des experts et du procureur, ce sont désormais les proches de la jeune infirmière qui viennent livrer leurs témoignages.