La rappeuse américaine Nicki Minaj se retrouve au centre d’une vive polémique après avoir publiquement exprimé son soutien au président Donald Trump et à son administration. Ses déclarations, faites lors d’un événement politique à Phoenix, en Arizona, ont divisé son public. L’événement, organisé par un groupe conservateur proche de la mouvance MAGA, a réuni une audience en grande partie acquise à Donald Trump, à qui la rappeuse a adressé de nombreux éloges.
Au cours de son intervention, Minaj a affirmé : « J’ai le plus grand respect et la plus grande admiration pour notre président. Donald Trump et J.D. Vance, je les apprécie tous les deux. Ils sont tous les deux des hommes puissants, intelligents et forts. » Elle a également décrit l’administration comme « pleine de gens qui ont du cœur et de la générosité ». Ses propos sur le genre ont, en revanche, été jugés controversés : « Les garçons seront des garçons et il n’y a rien de mal à cela », a-t-elle déclaré, suscitant applaudissements et critiques.
Un changement radical par rapport à l’image que Nicki Minaj donnait jusque-là
Ces prises de position constituent un changement radical par rapport à l’image que Nicki Minaj a cultivée pendant des années. Longtemps perçue comme une alliée des communautés LGBT+ et comme une voix féministe, elle est désormais critiquée par de nombreux fans historiques. Sa base, composée en majorité de jeunes urbains progressistes et de membres de minorités, s’est sentie trahie, certains appelant au boycott de sa musique sur les réseaux sociaux.
Des messages circulant en ligne ont demandé aux établissements culturels et LGBT+ de ne plus diffuser ses titres, tandis que d’autres critiques dénoncent une incohérence entre son soutien à Trump et son parcours en tant qu’immigrée et artiste issue de minorités. Une pétition visant à exiger son expulsion vers son pays natal, Trinité-et-Tobago, a même été lancée et recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures.
Un gros virage politique
Le virage pro-Trump de Nicki Minaj contraste fortement avec ses positions antérieures. Durant le premier mandat de Donald Trump, elle s’était montrée très critique à l’égard de certaines politiques, notamment la politique d’immigration, dénonçant publiquement la séparation forcée de familles à la frontière : « Je suis arrivée dans ce pays comme une immigrée illégale à l’âge de 5 ans. Arrêtez ça s’il vous plaît », écrivait-elle alors sur les réseaux sociaux.
Depuis 2021, son discours a évolué. Durant la pandémie de Covid-19, elle a publiquement émis des doutes sur la sécurité des vaccins, rejoignant la mouvance anti-vaccination, avant de se rapprocher de l’administration Trump à la suite de sa réélection, en multipliant les déclarations publiques de soutien et les publications pro-Trump et pro-J.D. Vance sur ses comptes sociaux.
Des appels au boycott
Si certains défendent la rappeuse en invoquant sa liberté d’expression, la majorité de son public historique a exprimé sa désapprobation. Les appels au boycott et les critiques sur les réseaux sociaux se sont multipliés, certains dénonçant ce qu’ils considèrent comme une trahison de ses valeurs passées et de son engagement envers les communautés qu’elle représentait auparavant. Face à la polémique, Nicki Minaj a désactivé son compte Instagram, qui comptait plus de 227 millions de followers.