Mort de Maradona: négligence ou fatalité ? Une audience préliminaire cruciale a lieu aujourd’hui avant le nouveau procès. (AP)
Mort de Maradona: négligence ou fatalité ? Une audience préliminaire cruciale a lieu aujourd’hui avant le nouveau procès. (AP)

Une audience préliminaire se tient ce mardi à San Isidro, dans la province de Buenos Aires, afin de déterminer le cadre du nouveau procès relatif aux circonstances de la mort de Diego Maradona, survenue en novembre 2020. Cette étape a lieu six mois après l’annulation du premier procès, marqué par un scandale judiciaire ayant conduit à la destitution de l’une des juges.

L’objectif de cette séance est de fixer les modalités du futur procès : déroulé des audiences, choix des témoins et organisation générale de l’instruction. Le nouveau procès, qui concernera sept professionnels de santé, est pour l’instant programmé au 17 mars 2026.

Une affaire relancée après un premier procès annulé

La procédure initiale, ouverte en 2025, visait à déterminer si le décès de Maradona était inévitable compte tenu de son état de santé très détérioré ou s’il résultait de manquements graves de la part de l’équipe médicale chargée de son suivi. Le champion argentin, âgé de 60 ans, était mort d’un arrêt cardiorespiratoire et d’un œdème pulmonaire alors qu’il se remettait d’une opération neurochirurgicale.

Le premier procès avait déjà entendu plus de quarante témoins lorsque sa suspension fut décidée. En cause : la révélation que l’une des trois magistrates, impliquée dans la rédaction d’une mini-série documentaire sur l’affaire et y apparaissant comme protagoniste, avait violé les exigences de neutralité. Sa participation à ce projet audiovisuel, tenue secrète, a conduit à l’annulation totale de la procédure et à sa destitution définitive.

Les enjeux du second procès : négligence médicale ou fatalité ?

Sept membres du corps médical comparaîtront pour homicide par négligence : un neurochirurgien, un psychiatre, un psychologue, mais aussi du personnel infirmier et une coordinatrice médicale. Les enquêteurs ont notamment relevé des conditions de convalescence jugées très insuffisantes, avec un manque de matériel essentiel dans la résidence où Maradona avait été placé.

Le débat judiciaire tourne autour d’une question centrale : la mort du footballeur était-elle une issue inéluctable, liée à un organisme affaibli par des années d’excès et de dépendances, ou aurait-elle pu être évitée si les professionnels en charge avaient respecté les protocoles de soins appropriés ?

La tenue de l’audience préliminaire pourrait elle-même être perturbée. Plusieurs avocats de la défense ont annoncé leur intention de demander l’examen immédiat de nouveaux recours, dont certains invoquant le principe de « non bis in idem », qui empêche de juger deux fois une personne pour les mêmes faits.

« On est en train d’envisager de faire deux procès, or ce n’est pas possible », a déclaré l’avocat Nicolas d’Albora, représentant la coordinatrice médicale Nancy Forlini. Il estime cette audience « précipitée » et souligne que de nombreux points soulevés par la défense n’ont pas encore été résolus. Selon lui, le tribunal prend le risque de « mettre le processus en danger » et de « causer plus de tort à l’affaire ».

À l’inverse, les représentants de la partie civile accusent la défense de chercher à retarder autant que possible la tenue du procès. L’un d’eux, Mario Baudry, avocat de l’ex-compagne de Maradona, prédit des « manœuvres dilatoires » destinées à repousser les audiences. Il affirme cependant que les éléments déjà versés au dossier « assurent qu’il y a bien des responsabilités, et qu’il va y avoir des condamnations », tout en se disant confiant quant au maintien de la date prévue pour mars 2026…

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