Le procureur réclame plus de 11 ans de prison contre P. Diddy. (AP/Richard Shotwell)
Le procureur réclame plus de 11 ans de prison contre P. Diddy. (AP/Richard Shotwell)

Un procureur fédéral américain a requis une peine de 135 mois de prison, soit un peu plus de 11 ans, à l’encontre du producteur et rappeur Sean “P. Diddy” Combs, reconnu coupable de transport de personnes à des fins de prostitution. Cette réquisition intervient à quelques jours du prononcé de sa condamnation par le tribunal fédéral de Manhattan, prévu pour le 3 octobre 2025.

Un procès très médiatisé

Âgé de 55 ans, Sean Combs a été jugé pour des faits remontant à plusieurs années, impliquant notamment son ex-compagne, la chanteuse Casandra “Cassie” Ventura, et d’autres plaignantes.

En juillet 2025, le jury l’avait acquitté des accusations de trafic sexuel et d’association de malfaiteurs, les chefs d’accusation les plus graves. Cependant, il a été reconnu coupable de deux chefs de transport de personnes en vue de prostitution, en vertu du Mann Act, une loi fédérale interdisant le déplacement d’individus à travers les États à des fins sexuelles illicites.

Chaque chef d’accusation est passible d’une peine maximale de dix ans, ce qui expose P. Diddy à une peine pouvant aller jusqu’à vingt ans d’incarcération.

“Aucun signe de repentir”

Dans son mémoire de 166 pages adressé au tribunal, le procureur Jay Clayton justifie la sévérité de la peine demandée. Il estime que les crimes commis sont graves, comparables à d’autres affaires où des peines supérieures à dix ans ont été prononcées.

Le magistrat souligne également que l’accusé n’a montré aucun repentir, ni reconnu la gravité de ses actes : « Une peine de prison importante est nécessaire dans cette affaire, car le prévenu continue de minimiser ses responsabilités et tente de présenter des décennies d’abus comme le résultat de relations mutuellement toxiques. Mais rien n’est mutuel dans une relation où une personne détient tout le pouvoir. »

Le témoignage de Cassie

Parmi les documents versés au dossier figure une déclaration d’impact rédigée par Cassie Ventura, ex-compagne de Sean Combs. Dans cette lettre, la chanteuse revient sur plus de dix années d’abus et de manipulation, évoquant la peur et le traumatisme durable laissés par cette relation.

Elle y exprime l’espoir que la sentence rendue tiendra compte du courage des victimes qui ont accepté de témoigner: « J’espère que votre décision de condamnation reflétera la force qu’il a fallu aux victimes de Sean Combs pour se manifester. »

D’autres témoins, dont d’anciennes collaboratrices, ont également adressé des lettres au tribunal pour décrire un climat de contrôle, de coercition et de peur instauré par le producteur.

Une défense qui plaide pour la clémence

L’équipe juridique de Sean Combs plaide de son côté pour une peine maximale de 14 mois, en soulignant que leur client a déjà passé plus d’un an en détention préventive.

Les avocats invoquent les conditions difficiles de détention à la prison métropolitaine de Brooklyn et insistent sur la volonté de leur client de “reconstruire sa vie”. Selon eux, une peine plus longue ne servirait ni la justice ni la réhabilitation du prévenu.

Une décision très attendue

Le juge Arun Subramanian doit rendre sa décision ce vendredi. Il a récemment rejeté la requête de Sean Combs visant à annuler sa condamnation ou à obtenir un nouveau procès, estimant que les éléments présentés au jury étaient suffisants pour établir sa culpabilité.

Le verdict est particulièrement attendu et marquera une étape décisive dans la chute de l’une des figures emblématiques du hip-hop américain, dont l’image publique s’est profondément ternie au fil des révélations et des procédures judiciaires.

Que retenir rapidement ?

Un procureur fédéral américain a requis une peine de 135 mois de prison, soit un peu plus de 11 ans, à l’encontre du producteur et rappeur Sean “P. Diddy”

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