La société Miss France menace de quitter Miss Univers après une édition chaotique et un concours truqué. (AP)
La société Miss France menace de quitter Miss Univers après une édition chaotique et un concours truqué. (AP)

La société Miss France se dit prête à remettre en cause sa participation à l’édition 2026 de Miss Univers, après une 74ᵉ édition marquée par une succession de scandales. Des accusations de fraude, des jurés démissionnaires et des conflits d’intérêts présumés ont jeté une ombre sur le couronnement de Fatima Bosch, Miss Mexique. La France exige désormais des explications claires sur le déroulement du concours.

La vigilance absolue de Miss France

Frédéric Gilbert, président de la société Miss France, a rappelé que l’organisation reste « en vigilance absolue ». « On lui a dit, « s’il y a le moindre truc, on prendra la décision de te retirer du concours et tu rentres ». » La délégation française attend des réponses précises sur la transparence du processus, en particulier concernant le programme « Beyond the Crown » qui aurait influencé la sélection des 30 finalistes.

« La société Miss France, comme les autres comités nationaux, attendent aujourd’hui des réponses. On paie tous une licence pour envoyer quelqu’un, donc il va falloir rendre des comptes. On ne peux pas juste mettre un mouchoir sur tout ça. Une plantade, ça peut arriver. Mais cet enchaînement de couacs, il va falloir qu’ils s’expliquent. »

La licence Miss Univers, beaucoup plus coûteuse que celle de Miss Monde, représente un investissement financier important, mais aussi un enjeu d’image pour Miss France. Sans clarifications sur les irrégularités constatées, le comité français pourrait décider de ne pas renouveler sa participation.

Un concours marqué par les démissions en série

À quelques jours de la finale du 21 novembre à Pak Kret, Omar Harfouch, compositeur et membre du jury, a démissionné, dénonçant un processus de sélection opaque. Selon lui, le Top 30 des finalistes aurait été décidé avant même la réunion officielle du jury. D’autres juges, comme Claude Makélélé et la princesse Camilla de Bourbon des Deux-Siciles, ont également quitté leurs fonctions. Omar Harfouch a également évoqué des pressions pour favoriser Fatima Bosch et des conflits d’intérêts dans le comité « Beyond the Crown ».

Omar Harfouch avait par ailleurs annoncé, 24 heures avant la finale, dans une interview sur HBO, que Miss Mexique serait couronnée. Il avait justifié cette certitude en expliquant que le résultat avait été décidé à l’avance en raison de ces intérêts croisés, et que le concours était truqué.

Les accusations de favoritisme autour de Miss Mexique

Fatima Bosch, originaire de l’État de Tabasco, est issue d’une famille influente dans le monde des concours de beauté. Son père, Bernardo Bosch Hernández, a travaillé pendant 27 ans pour la compagnie pétrolière nationale mexicaine Pemex et occupe un rôle de conseiller auprès du directeur général de Pemex Exploration et Production. Omar Harfouch affirme que le président de Miss Univers, Raúl Rocha, et son fils l’auraient incité à voter pour Miss Mexique, évoquant des « intérêts commerciaux ».

Malgré ces controverses, Fatima Bosch a commencé son règne en remerciant et en affirmant sa détermination : « Ce que Dieu a prévu pour vous, ni l’envie ne peut l’empêcher, ni le destin ne peut le contrecarrer, ni la chance ne peut le changer. »

Vers un futur incertain pour Miss France à Miss Univers

Les événements de cette édition posent une question centrale pour Miss France et d’autres comités nationaux : participer à Miss Univers vaut-il encore la peine si le concours manque de transparence et de rigueur ? La France pourrait être amenée à revoir sa licence, avec un impact direct sur l’avenir de ses candidates et sur l’image de son organisation.

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