Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné la saisie « à titre conservatoire » des droits d’auteur du rappeur Booba pour un montant proche de 40,6 millions d’euros, dans le cadre du litige qui oppose le chanteur à Magali Berdah, animatrice et fondatrice de la société Shauna Events. Cette mesure vise à garantir le paiement d’éventuelles indemnités à l’entreprise, qui accuse le rappeur d’avoir causé un lourd préjudice financier. Magali Berdah reproche à Booba d’avoir mené une campagne de cyberharcèlement et de menaces contre des marques partenaires afin de les inciter à rompre leurs contrats avec son agence.
Un conflit qui remonte à 2022
Les tensions entre Magali Berdah et Booba ont commencé en 2022, lorsque le rappeur a critiqué publiquement le secteur de l’influence et ciblé Shauna Events. Il a dénoncé ce qu’il considérait comme des pratiques commerciales trompeuses de certains influenceurs promus par l’agence et a multiplié les publications et messages dirigés directement contre Magali Berdah, dénonçant des « arnaques » liées à certains placements de produits. Ces messages ont été largement relayés par sa communauté.
Magali Berdah affirme avoir été victime d’un cyberharcèlement intense. Elle rapporte avoir reçu des milliers de messages d’insultes et de menaces et dénonce la circulation d’informations personnelles en ligne. Elle souligne que cette campagne a gravement affecté sa santé psychologique et entraîné une chute de collaborations avec des marques, des pertes de contrats et des conséquences financières très lourdes pour son entreprise. Sur certains plateaux télé, elle a évoqué des pertes estimées à environ 30 millions d’euros.
Une procédure judiciaire en cours
Le rappeur Booba a été mis en examen pour cyberharcèlement aggravé et placé sous contrôle judiciaire. L’enquête porte sur des faits de harcèlement moral commis en ligne, incluant des menaces et des atteintes à l’intimité, ainsi qu’une incapacité de travail supérieure à huit jours pour la plaignante.