Presque sept ans après le début du séisme #MeToo, Harvey Weinstein, l’ancien magnat de Hollywood, comparaît à nouveau à partir de ce mardi devant un tribunal de New York. À 73 ans, l’ex-producteur doit faire face à un nouveau procès pour viol et agression sexuelle, après l’annulation, en avril 2024, de sa condamnation initiale par la cour d’appel de l’État de New York.
Cette décision judiciaire a été vécue comme un coup dur pour le mouvement mondial de libération de la parole des victimes de violences sexuelles. Pour beaucoup, elle a semé le doute sur l’engagement de la justice à protéger les survivantes et à tenir les agresseurs pour responsables, malgré les années écoulées et la mobilisation internationale qu’avait suscitée l’affaire Weinstein.
Des faits qui remontent à 2006 et 2013
Harvey Weinstein est jugé pour des faits remontant à 2006 et 2013 : l’agression sexuelle de Mimi Haleyi, alors assistante de production, dans son appartement de Manhattan, le viol de l’aspirante actrice Jessica Mann, ainsi qu’une nouvelle accusation concernant une agression sexuelle présumée, également en 2006, dans un hôtel new-yorkais.
Le procès se déroulera devant la cour pénale de Manhattan et pourrait durer jusqu’à six semaines. Il s’ouvre par la délicate étape de sélection du jury, qui devrait prendre environ cinq jours, selon le juge Curtis Farber.
Le producteur déchu, autrefois tout-puissant à la tête de Miramax et co-fondateur de The Weinstein Company, espère que cette nouvelle audience lui offrira, selon ses avocats, “un regard neuf” sur une affaire dont les ramifications ont dépassé les frontières du cinéma. Weinstein est crédité d’avoir propulsé de nombreux films au sommet, tels que Pulp Fiction, Sexe, mensonges et vidéo, ou Shakespeare in Love, qui avait remporté l’Oscar du meilleur film en 1999.
Mais l’homme qui imposait sa loi sur le tapis rouge est désormais méconnaissable : diminué physiquement, chauve, amaigri, et en fauteuil roulant lors de ses dernières apparitions au tribunal. Il reste incarcéré, également condamné en Californie à 16 ans de prison pour d’autres faits de viols commis en 2013 sur une actrice européenne.
Un enjeu qui dépasse le seul cas Weinstein
L’enjeu de ce procès dépasse le simple cas Weinstein : il sera scruté de près comme un test de la résilience du mouvement #MeToo, et du traitement judiciaire réservé aux victimes de violences sexuelles. Ce nouveau chapitre judiciaire pourrait bien raviver un débat toujours aussi brûlant sur le pouvoir, la justice et la parole des femmes.