Cambriolage spectaculaire en Australie, quatre Français arrêtés 
Cambriolage spectaculaire en Australie, quatre Français arrêtés 

L’affaire a débuté comme un scénario de cinéma, avec une maison prise pour cible à Canberra et des objets de luxe envolés pour une valeur estimée à près de cinq millions d’euros. Elle s’est poursuivie de manière bien plus prosaïque, dans un restaurant KFC de Wentworthville où quatre ressortissants français ont été retrouvés par la police australienne, quelques jours seulement après le cambriolage. Ces hommes, âgés de vingt-huit à trente-sept ans, avaient traversé la planète dans ce que les enquêteurs considèrent comme une opération préparée avec minutie, impliquant plusieurs repérages autour d’une propriété ciblée. Les investigations ont rapidement mis en évidence l’usage d’un véhicule loué, repéré à proximité des lieux, et relié à l’un des suspects. L’enchaînement des éléments recueillis par les forces de l’ordre a permis d’établir un lien direct entre ces déplacements et l’effraction commise mi-octobre dans la capitale australienne.

Une série de traces qui mène jusqu’aux suspects

Le cambriolage s’est déroulé le 15 octobre, lorsque deux individus ont pénétré dans la résidence pour y dérober plus de soixante-dix objets, dont des sacs à main, des bijoux et surtout une montre Richard Mille d’une valeur exceptionnelle. Les images de vidéosurveillance, associées aux déplacements d’une Mitsubishi Outlander aperçue à plusieurs reprises près du domicile, ont permis aux autorités d’isoler un mode opératoire reposant sur un repérage systématique des mouvements autour de la maison. Ce travail d’observation a constitué le premier indice déterminant pour remonter jusqu’au véhicule loué le 7 octobre par un Français voyageant avec trois compatriotes. Les enquêteurs estiment que l’équipe avait organisé son séjour autour de cette opération, en louant un logement dans lequel une partie du butin a été retrouvée lors des perquisitions menées après les interpellations. Le rôle des forces françaises s’est avéré crucial, puisque certains objets volés avaient déjà quitté l’Australie au moment des arrestations. La coopération judiciaire entre les deux pays a permis d’identifier et de récupérer plusieurs éléments transférés vers la France, même si certaines pièces demeurent introuvables. Les autorités australiennes ont d’ailleurs lancé un appel à la population afin de retrouver les objets manquants, parmi lesquels des bagues, un collier et une autre montre de grande valeur. Ces éléments laissent penser, selon les enquêteurs, que le réseau avait anticipé une partie de l’exfiltration du butin, ce qui renforce l’idée d’une opération mûrement préparée dès avant leur arrivée sur le territoire.

Des comparutions qui ne marquent qu’une étape de la procédure

Les suspects ont été arrêtés quatre jours après les faits dans un restaurant de la Nouvelle-Galles du Sud, sans résistance, alors qu’ils se trouvaient ensemble. Leur logement, perquisitionné dès le lendemain, contenait une part substantielle des articles dérobés. Cette enquête a également permis de relier un autre cambriolage commis le 12 octobre à Vaucluse, dans le même État, à l’équipe française. Là encore, des objets volés ont été interceptés en France dans le cadre de la même coopération policière. Les autorités locales ont qualifié l’affaire d’inédite par son ampleur et par le profil des suspects, venus d’Europe pour commettre des vols ciblés dans des quartiers aisés. Depuis le 21 octobre, les quatre hommes sont mis en examen pour cambriolage aggravé et complicité de vol. Ils ont comparu cette semaine devant une juridiction australienne et devront se présenter de nouveau en janvier. Cette étape permettra d’établir plus précisément leur rôle dans l’organisation des faits, alors que la police poursuit ses investigations pour déterminer l’étendue exacte du réseau et les circuits d’écoulement du butin. Les enquêteurs, qui parlent d’un cambriolage d’une ampleur rarissime, considèrent cette affaire comme un exemple de la sophistication croissante de certaines équipes itinérantes opérant à l’international, prêtes à traverser les continents pour cibler des biens de luxe dans des résidences soigneusement choisies.

Partager