Le procès de l’assassinat de Simon Arthuis a pris un tournant glaçant ce mardi 10 juin devant la cour d’assises de Haute-Saône. Quatre hommes sont jugés pour avoir orchestré la mort d’un jeune ingénieur de 19 ans, retrouvé poignardé et noyé dans un étang de Plancher-Bas, en août 2021. La victime possédait 170 000 euros en cryptomonnaies, un butin qui aurait motivé le crime. L’un des accusés, Mikaël C., ancien compagnon de la victime, a reconnu pour la première fois avoir proposé à ses complices de s’en « débarrasser ». Durant l’audience, il a évoqué une réunion organisée plusieurs mois avant le drame. Il y aurait parlé de ses difficultés financières, du déséquilibre dans sa relation avec la victime, puis du pactole en cryptomonnaies détenu par celle-ci.
20 000 euros pour commettre l’irréparable
Face à ses coaccusés, il aurait proposé une rétribution pour éliminer Simon Arthuis. « Je leur ai proposé 20 000 euros chacun. Je ne voulais pas autant de coups de couteau, je voulais juste qu’ils le noient », a-t-il déclaré, imperturbable. Le président de la cour, Arnaud Calais, a souligné la froideur de ces aveux, notant l’absence d’émotion du prévenu. Selon les enquêteurs, Simon Arthuis a été drogué, étranglé, poignardé à 46 reprises et jeté vivant dans l’eau. Un scénario implacable, que l’instruction a qualifié de prémédité, motivé par un vol soigneusement planifié. Mikaël C. a reconnu l’existence d’un « intérêt personnel », lié à une rupture amoureuse mal vécue, mais a insisté sur le fait que le meurtre aurait été motivé, selon lui, par la crainte que la victime ne porte plainte. Il affirme aujourd’hui ne pas avoir souhaité cette mise à mort sanglante : « Il ne devait pas mourir comme ça. »
Qui est l’auteur des coups de couteau
D’autres éléments sont venus alourdir le dossier, notamment une première tentative présumée, survenue 36 heures avant les faits, lors d’une sortie en milieu urbex. Simon Arthuis avait alors été violemment frappé à la tête. Les accusés tentent d’en minimiser la portée, évoquant une altercation ou un geste isolé. L’après-midi de ce mercredi est consacrée à l’interrogatoire sur les dernières heures précédant le meurtre. Si les aveux ont partiellement fait la lumière sur la mécanique du crime, aucun des accusés n’a reconnu être l’auteur des coups de couteau. Reste à savoir si, au terme de ce procès, la justice parviendra à démêler les responsabilités de chacun dans ce crime d’une rare violence.