Amber Heard : "J’ai perdu ma capacité à parler." Du mensonge judiciaire à la victimisation. (AP, Entrevue)
Amber Heard : « J’ai perdu ma capacité à parler. » Du mensonge judiciaire à la victimisation. (AP, Entrevue)

Quatre ans après son procès très médiatisé contre Johnny Depp, Amber Heard revient sous les projecteurs avec le documentaire Silenced, présenté le 24 janvier au Sundance Film Festival. Alors qu’elle avait été condamnée pour diffamation après avoir affirmé des violences conjugales contre Depp, Amber Heard se présente aujourd’hui comme une victime du système judiciaire et médiatique.

Amber Heard avait menti

Le procès intenté par Johnny Depp avait clairement établi que certaines accusations d’Amber Heard étaient fausses. Elle a été condamnée à verser 15 millions de dollars pour diffamation, la cour considérant que ses déclarations publiques avaient porté atteinte à la réputation de Depp. Cette condamnation n’est pas anodine : elle démontre que Amber Heard Heard a consciemment diffusé des mensonges et que sa version des faits ne correspondait pas à la réalité juridique, ce qui a failli détruire la carrière de Johnny Depp.

« J’ai perdu ma capacité à parler »

Dans Silenced, Heard affirme : « J’ai perdu ma capacité à parler. Je ne suis pas là pour raconter mon histoire. Je ne veux pas raconter mon histoire. Je ne veux plus utiliser ma voix. » Mais ces propos victimaires interrogent.

Le cas d’Amber Heard révèle en effet un danger pour la parole des femmes : lorsque des accusations fausses sont rendues publiques et que l’accusatrice parvient à se présenter comme victime, cela peut affaiblir la crédibilité des témoignages réels. Les experts et associations de défense des victimes s’inquiètent de ce type de discours, qui risque de semer le doute dans l’opinion publique et dans le système judiciaire, en alimentant la méfiance envers toutes les dénonciations, et notamment celles qui sont légitimes.

Une tentative de réécriture de l’histoire ?

Silenced se présente comme un film dénonçant les abus du système de diffamation contre les femmes. Mais pour Amber Heard, ce documentaire apparaît avant tout comme un outil pour réécrire indirectement l’histoire et détourner l’attention de ses mensonges passés. En prétendant avoir été traumatisée par la médiatisation, elle occulte le fait que la justice a statué contre elle et que ses accusations initiales étaient en grande partie infondées. Par cette démarche, le retour médiatique d’Amber Heard semble motivé par une volonté de réhabilitation de son image, plutôt que par une véritable dénonciation du système judiciaire.

Amber Heard, des mensonges révélés au grand jour

Pour rappel, Amber Heard a été condamnée pour diffamation envers Johnny Depp en 2022 après que le jury américain a estimé qu’elle avait menti sur plusieurs points clés de ses accusations de violences conjugales. Ses déclarations, notamment dans un article du Washington Post en 2018, ont été jugées fausses et faites avec “actual malice”, un terme qui, en droit américain, signifie que la personne a fait une déclaration fausse en sachant qu’elle était fausse, ou avec un mépris délibéré pour la vérité.personnalités publiques.

Les preuves présentées au procès ont révélé des incohérences importantes : elle avait promis de verser 7 millions de dollars de son divorce à des associations, mais n’en a donné qu’une petite partie ; des photos de blessures présumées se sont avérées retouchées ou exagérées ; des témoignages et enregistrements audio ont montré qu’elle avait elle-même reconnu avoir frappé Depp. Le jury a conclu que ses allégations avaient nui gravement à la réputation de l’acteur.

Condamnée à payer 10 millions de dollars de dommages, Amber Heard a vu son appel rejeté en 2023.

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