Nouvel épisode dans l’interminable dossier de l’affaire Grégory. Jacqueline Jacob, grand-tante du petit garçon retrouvé mort dans la Vologne en 1984, ne sera pas entendue cette semaine comme prévu. Son audition devant la chambre de l’instruction, initialement fixée à vendredi, a été reportée au 24 octobre, a indiqué le procureur général de la cour d’appel de Dijon. La décision fait suite à une demande de ses avocats, invoquant un calendrier judiciaire trop serré en raison d’un autre procès. Cette comparution devait s’inscrire dans le cadre d’une possible mise en examen pour association de malfaiteurs criminelle, à la suite d’une expertise graphologique la désignant comme l’auteure présumée de plusieurs lettres anonymes adressées à la famille Villemin. Des courriers qui, depuis quarante ans, alimentent l’ombre empoisonnée qui plane sur l’enquête.
Une suspecte qui clame son innocence
Âgée de 81 ans, Jacqueline Jacob avait déjà été mise en cause par le passé. En juin 2017, elle avait été interpellée avec son mari Marcel et brièvement mise en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, avant que ces poursuites ne soient annulées pour vice de procédure. Depuis, elle affirme sa totale innocence et se défend de toute implication, dénonçant des accusations sans fondement. Le procureur général Philippe Astruc avait annoncé en juin dernier que la grand-tante serait prochainement interrogée en vue d’une éventuelle mise en examen. Cette annonce avait relancé l’attention médiatique autour de l’un des crimes non résolus les plus marquants de la justice française, où l’équilibre fragile entre rebondissements judiciaires et impasses procédurales nourrit depuis quatre décennies la douleur des proches et la fascination de l’opinion. Avec ce nouveau report, l’affaire poursuit son chemin sinueux, entre expertise graphologique, convocation repoussée et souvenirs toujours vifs d’un drame dont la justice peine à clore le chapitre.