Yoga nidrâ, l’art de s’endormir sans dormir
Yoga nidrâ, l’art de s’endormir sans dormir

Allongé sur un tapis, une couverture sur les jambes, les yeux fermés et rien à faire, sinon écouter. Voilà le yoga nidrâ, ce « sommeil yogique » popularisé au XXe siècle, à mi-chemin entre méditation et relâchement total, loin des postures acrobatiques qui font l’image du yoga sur les réseaux. La professeure Delphine Denis, à l’origine des studios Casa Yoga, le décrit comme une relaxation guidée où le corps décroche pendant que l’esprit reste présent, une sorte de sas entre l’éveil et le sommeil profond. Dans une époque où l’on vit le moteur allumé, ce temps d’arrêt parle à beaucoup, stressés, fatigués, insomniaques ou simplement usés par le rythme.

Une sieste guidée, mais pas une promesse de guérison

La séance dure en général de 15 à 45 minutes, en petit groupe, sans mouvement à apprendre ni performance à afficher. Le principe est simple, presque déconcertant: on se laisse conduire par la voix, on relâche chaque zone du corps et l’on cherche cet état particulier où le mental ralentit, où le système parasympathique reprend la main, celui qui économise l’énergie quand notre quotidien pousse plutôt l’organisme à rester en alerte. Des travaux scientifiques se sont intéressés à ce qui se passe sous le capot: des enregistrements de l’activité cérébrale ont observé, chez des pratiquants, des signes d’activité lente habituellement associée au sommeil tout en restant « éveillés » sur le plan électrophysiologique, un indice de relaxation très profonde. Pas de miracle, juste un mécanisme qui intrigue et qui, pour certains, change la donne sur la récupération.

Reste que le yoga nidrâ ne muscle pas, n’assouplit pas et ne remplace rien quand la santé vacille, il accompagne. Dans le vaste marché du bien-être, où les promesses gonflent parfois plus vite que les tarifs, la prudence est un réflexe sain: on vient chercher du repos, pas une doctrine, encore moins une solution à tout. Le succès du format audio, podcasts et séances en ligne, a fait du nidrâ un compagnon facile d’accès, à condition de garder les pieds sur terre même quand le corps s’abandonne. À mesure que la France redécouvre la valeur du sommeil, cette pratique pourrait bien s’installer durablement, discrète, efficace, et terriblement dans l’air du temps.

Partager

Communauté

Commentaires

Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.