Alors que les adolescents se détournent de plus en plus des drogues classiques, les comportements à risque changent de forme. Une vaste enquête européenne révèle l’essor silencieux de nouvelles pratiques addictives : vapotage, automédication, jeux en ligne ou d’argent. Moins visibles mais tout aussi préoccupantes.
La fin des vieilles addictions… ou leur mutation
Entre 2019 et 2024, la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis a reculé chez les jeunes de 15 à 16 ans en Europe, selon l’enquête ESPAD. Mais dans le même temps, la cigarette électronique a vu sa popularité exploser, notamment chez les adolescentes. Désormais perçue comme plus “clean” que la cigarette traditionnelle, elle contient pourtant de la nicotine, et devient elle-même un produit d’entrée vers d’autres consommations. Autre évolution inquiétante : 14 % des ados ont recours à des médicaments sans ordonnance – antidouleurs, sédatifs, somnifères – en dehors de tout cadre médical. Un usage banalisé, souvent discret, mais qui expose à des effets secondaires lourds, voire à une dépendance.
Des pratiques banalisées, mais aux effets bien réels
Les jeux vidéo, omniprésents, glissent parfois vers des usages excessifs. L’addiction touche aussi les jeux d’argent en ligne, rendus accessibles sur mobile, avec leurs effets sur le sommeil, les résultats scolaires ou la santé mentale. Ces comportements ont un point commun : ils sont souvent utilisés pour apaiser un mal-être diffus, post-Covid, que les jeunes n’expriment pas toujours clairement. Face à ces évolutions, les spécialistes plaident pour une prévention adaptée, fondée sur l’écoute et l’éducation émotionnelle. Car si les formes changent, le besoin reste le même : trouver des repères et de quoi se construire.