Une étude récente a révélé que les polluants organiques persistants (POP) sont associés à une augmentation de la pression artérielle à long terme chez les adolescents ayant subi une chirurgie de traitement de l’obésité. Les polluants organiques persistants sont des substances chimiques toxiques qui pénètrent dans le corps principalement par la nourriture contaminée et se stockent dans les graisses corporelles.
L’étude a été menée par des chercheurs de la Keck School of Medicine de l’Université de Californie du Sud et a été publiée dans la revue Journal of the American Chemical Society for Environmental Science and Technology le 24 février dernier.
Les polluants organiques persistants
Les polluants organiques persistants ont des effets négatifs sur la santé humaine et l’environnement, et en raison de leur capacité à se déplacer par l’air et l’eau, ils peuvent affecter la vie des personnes et des animaux sauvages à l’échelle mondiale. Ces substances peuvent rester longtemps dans l’environnement et se accumuler à travers la chaîne alimentaire. Leur exposition a été associée à des problèmes de santé tels que des troubles de la reproduction, de la croissance, du comportement, du système nerveux et du système immunitaire.
Chirurgie de l’obésité et pression artérielle
La chirurgie de l’obésité implique des modifications du système digestif pour aider à perdre du poids, ce qui peut aider à traiter et à prévenir des maladies liées à l’obésité, telles que le diabète et l’hypertension. Cependant, cette chirurgie n’est pas une solution rapide et nécessite des changements à long terme dans le mode de vie pour garantir son succès. Selon l’étude, la chirurgie peut libérer les polluants organiques persistants stockés dans les graisses et les libérer dans la circulation sanguine, ce qui contribue à l’augmentation de la pression artérielle.
Résultats de l’étude
L’étude a inclus 57 adolescents ayant subi une chirurgie de l’obésité. Les niveaux de polluants organiques persistants dans les tissus graisseux ont été mesurés avant l’opération, puis évalués sur trois périodes : au début de l’étude, après 6 mois, puis après 5 ans. Il a été constaté qu’il existe une association entre les polluants organiques persistants et l’hypertension systolique après 5 ans de chirurgie. De plus, les chercheurs ont examiné les processus métaboliques pour comprendre les mécanismes derrière l’impact de ces polluants sur les niveaux de pression artérielle. L’analyse a révélé qu’un chemin biologique impliqué dans la production de prostaglandines (des substances impliquées dans la régulation de la pression artérielle) était essentiel dans l’impact sur les changements de pression artérielle à long terme. L’étude a trouvé que les polluants organiques persistants modifiaient ces voies de prostaglandine, contribuant ainsi à des perturbations dans la régulation de la pression artérielle.
Cette étude offre une nouvelle perspective sur la relation entre les polluants organiques persistants et la santé cardiovasculaire après une chirurgie de l’obésité, ouvrant ainsi la voie à de futures recherches pour mieux comprendre les effets à long terme de ces produits chimiques.