La confirmation est désormais officielle. Les tarifs des complémentaires santé augmenteront en 2026, aussi bien pour les contrats collectifs que pour les contrats individuels. La Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF) a validé, mardi 16 décembre, une hausse moyenne de 4,7 % pour les contrats d’entreprise et de 4,3 % pour les contrats individuels. Une évolution présentée comme la conséquence directe des choix budgétaires opérés dans le cadre du financement de la Sécurité sociale. Cette augmentation s’inscrit dans une dynamique déjà bien installée. Après une période de relative stabilité entre 2013 et 2020, marquée par une progression annuelle moyenne limitée à 1,8 %, la tendance s’est nettement accélérée depuis cinq ans. Selon les données communiquées par la Mutualité française, les cotisations ont augmenté en moyenne de 4,4 % par an depuis 2020, soit une hausse cumulée de plus de 22 % en cinq ans. L’année 2026 ne fera donc pas exception à ce mouvement de fond. Les organismes complémentaires mettent en avant plusieurs facteurs explicatifs. Le vieillissement de la population, l’augmentation des besoins de soins et la progression des dépenses de santé sont régulièrement cités. Mais ces éléments structurels ne suffisent plus à eux seuls à justifier l’ampleur des hausses annoncées. La principale cause avancée tient aux mesures intégrées dans le budget de la Sécurité sociale, dont le processus législatif arrive à son terme.
Le budget de la Sécurité sociale en question
À partir de 2026, les complémentaires santé devront absorber de nouveaux transferts de charges décidés par l’État. Ces transferts, qualifiés par la Mutualité française de mécanisme assimilable à une « TVA sur la santé », pèseront directement sur l’équilibre financier des mutuelles. Contrairement à la Sécurité sociale, ces organismes n’ont pas la possibilité de recourir à l’endettement pour compenser des charges supplémentaires. Ils se trouvent donc contraints, selon leurs représentants, de répercuter ces coûts sur les cotisations des assurés. Dans ce contexte, la FNMF affirme ne disposer d’aucune marge de manœuvre alternative. Les responsables du secteur insistent sur le fait que les mutuelles fonctionnent sur un principe de redistribution immédiate, sans constitution de réserves suffisantes pour absorber durablement des hausses de charges imposées par la puissance publique. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale est ainsi décrit comme déséquilibré, voire irresponsable, car il transfère une partie du financement du système de santé vers les complémentaires, sans solution pérenne. Les contrats collectifs, souscrits via les entreprises, seront les plus touchés, avec une augmentation moyenne de 4,7 %. Les contrats individuels, souvent détenus par les retraités, les travailleurs indépendants ou les personnes sans couverture d’entreprise, connaîtront une hausse légèrement inférieure mais néanmoins significative, estimée à 4,3 %. Les seniors, déjà fortement exposés à la progression des cotisations en raison de leurs besoins de santé plus élevés, pourraient être particulièrement impactés. Au-delà des chiffres, cette nouvelle hausse ravive les inquiétudes sur l’accessibilité financière des complémentaires santé. Pour de nombreux ménages, notamment les plus modestes, l’augmentation continue des cotisations pose la question du renoncement aux soins ou du choix de garanties moins protectrices. La Mutualité française alerte sur un risque de décrochage progressif d’une partie de la population face au coût croissant de la couverture complémentaire. Les représentants du secteur appellent les pouvoirs publics à revoir leur copie et à engager une réflexion plus globale sur le partage du financement du système de santé. À défaut d’une inflexion politique, ils préviennent que le même scénario pourrait se reproduire dès l’année suivante. La hausse annoncée pour 2026 apparaît ainsi moins comme un épisode isolé que comme le symptôme d’un déséquilibre durable entre les ambitions du système de soins et les modalités de son financement.