Les compléments alimentaires séduisent un quart des Français. Gélules, comprimés ou poudres promettent énergie, minceur ou sérénité. Pourtant, derrière l’image de produits « naturels » se cachent des risques bien réels. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) tire à nouveau la sonnette d’alarme.
Une efficacité souvent inutile, des effets parfois dangereux
Vendus comme des alliés bien-être, les compléments alimentaires sont devenus omniprésents. Pourtant, selon le baromètre 2025 de l’Anses, 37 % des Français pensent à tort qu’ils peuvent compenser une mauvaise alimentation. Or, chez une personne en bonne santé, une alimentation variée et équilibrée suffit amplement à couvrir les besoins nutritionnels. Problème : la consommation de ces produits est banalisée, notamment chez les plus jeunes et sur les réseaux sociaux. Résultat : entre mésusage, effets secondaires et interactions médicamenteuses, les dangers s’accumulent. Zinc, aloe vera, échinacée ou vitamine D peuvent se transformer en pièges pour les consommateurs mal informés.
Le Far West numérique des compléments en ligne
Le phénomène prend une ampleur inquiétante sur internet, où la surveillance est difficile et les dérives nombreuses. Produits miracles aux promesses illusoires, posologies fantaisistes, allégations thérapeutiques interdites : dans cette jungle numérique, la DGCCRF estimait déjà en 2017 que 76 % des sites contrôlés étaient non conformes. L’Anses insiste : il ne faut jamais prendre de complément sans avis médical. Car ce marché, bien que légalisé, échappe à de nombreux garde-fous – les produits ne font l’objet d’aucune évaluation obligatoire d’efficacité ou d’innocuité avant leur commercialisation.
Un rappel salutaire alors que les ventes, elles, continuent de grimper.