Utilisé massivement dans les produits « sans sucre », le sucralose est un édulcorant artificiel dont le pouvoir sucrant dépasse 600 fois celui du sucre classique. Une étude récente révèle pourtant qu’il pourrait avoir des effets indésirables majeurs sur l’efficacité des traitements anticancéreux, notamment l’immunothérapie. Les travaux menés aux États-Unis montrent que les patients atteints de mélanome ou de cancer du poumon non à petites cellules, et consommant beaucoup de sucralose, répondaient moins bien aux traitements. Leur survie apparaissait également plus faible que celle des patients dont l’alimentation était pauvre en édulcorants.
Un mécanisme lié au microbiome et à l’arginine
Les chercheurs ont identifié un rôle clé de l’arginine, acide aminé indispensable à l’activation des lymphocytes T, cellules chargées de détruire les cellules tumorales. Or, la consommation de sucralose semble perturber le microbiome intestinal et réduire la disponibilité de cet acide aminé. Conséquence : les cellules immunitaires ne fonctionnent plus à plein régime, et l’immunothérapie perd en efficacité. Des expériences menées chez la souris ont confirmé ce phénomène, avant qu’une analyse auprès de plus d’une centaine de patients ne vienne établir une corrélation similaire. Ces données suggèrent que l’impact du sucralose ne se limite pas à un type de cancer ou à un protocole thérapeutique précis.
Vers des recommandations nutritionnelles ciblées
Si supprimer totalement les sodas light ou les produits édulcorés peut sembler difficile pour des patients déjà fragilisés par leur maladie et leurs traitements, les chercheurs avancent des pistes. Une supplémentation en arginine, par exemple, pourrait compenser les effets négatifs de l’édulcorant. L’étude ouvre aussi la voie à l’élaboration de prébiotiques ou de compléments nutritionnels spécifiquement destinés aux malades sous immunothérapie. En attendant d’éventuelles recommandations officielles, ce travail souligne l’importance d’une vigilance accrue face aux édulcorants artificiels. Leur consommation, largement banalisée, pourrait interférer avec des thérapies vitales et mériter un encadrement bien plus strict dans le cadre des traitements contre le cancer.